Mot clé - brisons la coquille

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avril 1

23h de la BD - Workaholic - l'intégrale



Titre : Workaholic
Format : 24 planches A5 noir & blanc
Genre : Jôsei manga
Thème : Société, travail, "légende urbaine"

Scénario : Morgan Magnin
Dessins : Rosalys
Réalisé durant les 23 heures de la bande dessinée

N.B.: Ceci est une fiction et non une autobiographie de l'un des auteurs. Si vous vous y reconnaissez ou si vous avez la sensation que c'est du vécu, c'est propre au genre du récit : proche du quotidien et des réflexions contemporaines.

Couverture 02.jpg 03.jpg 04.jpg 05.jpg 06.jpg 07.jpg 08.jpg 09.jpg 10.jpg 11.jpg 12.jpg 13.jpg 14.jpg 15.jpg 16.jpg 17.jpg 18.jpg 19.jpg 20.jpg 21.jpg 22.jpg 23.jpg Quatrième de couverture

Voir aussi son point de vue à lui (le scénariste) :


Voir aussi son point de vue à elle (la dessinatrice) :

décembre 3

Débloquez-vous : libérez votre créativité !

Je lis et je bondis devant ces mots sur le blog de Myllena :

Parmi les configurations qui induisent un stress important et qui peuvent conduire à un burnout, citons :

• le conflit de priorités : vous avez de multiples activités dans des directions différentes mais vous n’arrivez pas à définir des priorités. Peu à peu vous vous sentez tiraillés entre vos diverses obligations de manière insupportable.

• vous sentez d’autre part que votre entourage attend beaucoup de vous (...). Peu à peu s’installe le sentiment que vous n’avez rien fait de bon.

J'ai envie de répondre beaucoup de choses, j'ai beaucoup à dire, d'ailleurs j'y travaille sérieusement avec mes pinceaux pendant que mon blog prend la poussière; comme je le disais dans les commentaires du billet Facebook : parfois on choisit de dessiner plutôt que de passer du temps sur le web. Je suis plutôt contente parce que dessiner pour l'amour du dessin est une chose, mais dessiner pour exprimer quelque chose est bien ce qui a du sens pour moi. (J'en parlerais davantage si c'est publié ^^)

Pour revenir au sujet, je pense, Myllena, que tu sais déjà ce que tu veux faire. Et toi aussi, Morgan, tu le sais. Je ne sais pas pourquoi il a fallut que vous en passiez par le doctorat pour vous percer à jour, mais je crois que vous êtes dans une phase difficile où il faut tenir bon, où l'on balance encore entre le confort et son véritable rêve, entre l'excellence acquise et le nouveau départ. Il me semble que le plus dur est de prendre conscience du sens de sa vie, à partir de là il y a constamment la lumière de son objectif pour être guidé vers le bon chemin. Chemin qui est d'abord douloureux car il faut faire le deuil de sa vie confortable et conforme, respirer dans le brouillard des doutes de son entourage, trouver le moyen qui nous convient le mieux pour rester sur sa voie. Mais une fois engagé sur cette voie, tout se débloque, tout se passe dans l'ordre des choses, la vie semble concourir au bon fonctionnement, et tout d'un coup vos proches vous comprennent, parce que vous êtes véritable avec vous-même.

Je pourrais citer Julia Cameron qui vous mettra devant un fait, dur, mais c'est un fait : "Le refus d'être créatif est un choix volontariste et va à l'encontre de notre véritable nature."

Si vous suffoquez dans le brouillard des autres :

La vie d'autrui a voilé et détourné la nôtre. En construisant un noyau dur au cours de notre processus de retrait, nous devenons à même d'articuler clairement nos propres frontières, nos rêves, nos objectifs authentiques. Notre souplesse personnelle s'accroît en même temps que notre malléabilité face aux caprices des autres diminue.

Mais le pire ennemi est en nous, et j'ai envie de dire que c'est assez caractéristique des artistes. Quel dessinateur - accompli ou non - n'a jamais connu de blocage ?

Nous sommes victimes de notre propre critique, perfectionniste intériorisé, ce méchant critique intérieur et éternel - le Censeur - qui réside dans notre cerveau (hémisphère gauche) et maintient constamment un flot de remarques destructrices qui, souvent, se déguisent en vérité. (...) Le but, c'est de cesser de considérer votre Censeur comme la voix de la raison et d'apprendre à le concevoir comme un dispositif de blocage, ce qu'il est.

Julia Cameron - Libérez votre créativité

Bref, gardez le moral, courage !!

octobre 20

Affirmation de soi dans le métier

2007 est une année vraiment charnière. Pour ma part, cette année, j'ai déclenché de nombreux bouleversements dans ma vie pour la construction de mon individualité, parce que je me suis rendue compte de toutes les coquilles qui m'enfermaient alors que la vie est immense ! Alors, brisons ces coquilles !!

Libérez-vous : brisez la coquille !

Sans trop vouloir parler de moi, je n'ai cessé, au cours de cette année, d'encourager tout lecteur de ce blog à vivre selon ses convictions. Je pense qu'il y a des exemples flagrants dont vous pouvez vous inspirer pour construire votre univers et j'ai essayé de vous le transmettre par mes différentes chroniques promouvant Amélie Nothomb ou Mari Okazaki. Mais maintenant que toutes les machines sont enclenchées, je peux vous parler de mon petit exemple sur un domaine ciblé : le métier.

On ne choisit pas dans quel milieu social on naît. Mais on est reconnaissant envers ceux qui souhaitent son bonheur futur. Par conséquent, inconsciemment, on fait de son mieux pour donner satisfaction et "réussir sa vie". Mes parents sont venus en France en quittant tout de leur vie ; par cette décision, ils espéraient donner un cadre plus prospère à leurs enfants. Lorsque je suis devenue cadre, ils étaient fous de joie pour l'indépendance financière et le prestige que cela représentait. Seulement, je ne suis faite ni pour encadrer ni pour avoir une vie carrée. Cela peut paraître égoïste et peu raisonnable ; c'est simplement se regarder avec sincérité, en enlevant les oeillères que sont ses carcans sociaux et ses poids affectifs. Jusqu'ici, je n'ai donné corps à mes rêves que de la pointe des doigts : huit ans de dessin dans le milieu amateur et le fanzinat, de l'étonnement en voyant des gens heureux de repartir avec mes dédicaces, un scepticisme devant les gens qui croient en moi. Eh bien, il est temps d'avoir confiance en la vie pour faire ce qui a vraiment du sens pour moi, la seule chose qui ait une réelle utilité.

Bon courage à moi-même, je quitte tout pour me donner une chance dans l'illustration et, plus tard, l'expression au sens plus large. Lorsqu'on a des choses à dire et l'envie de transmettre, c'est le moment de passer à l'action et de faire face à tout ce qui survient sur son chemin. Concrètement, quid de ma stabilité financière, du sol et du toit où je vis, du confort et du réconfort ? Je remplace tout par la liberté d'expression ; d'ailleurs, je retire la stabilité pour oser m'exprimer, je n'ai plus besoin du sol rassurant car je veux être libre. C'est là que je trouve le bonheur qui m'est propre, même s'il ne s'agit pas du bonheur classique. Dans l'univers des entreprises qui m'ont accueilli, je souhaite adresser un au revoir particulier à des personnes qui m'ont iradié d'une lumière atypique :

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Il ne peut exister de stress supérieur à celui que procure le déni de son moi authentique. Parce que votre énergie de vie est détournée et par là même appauvrie, vous êtes compromis sur le plan mental, émotionnel, spirituel et physique. (...) Si vous ne réservez pas une soupape d'expression à votre vraie passion, vous perdez encore six ans (...) tout cela parce que vous avez choisi de mener votre existence dans une prison fictionnelle, plutôt que de découvrir et vivre une vie cohérente avec votre personnalité authentique.

Et moi alors ? Philipp Mc Graw.

octobre 6

Le jôsei manga : le corps et le coeur de la femme

Après avoir vécu avec N personnages aux yeux plein d'étoiles des histoires d'amour lycéennes touchantes à souhait (shôjo manga que j'ai toujours adoré), après avoir sauvé le monde via N techniques de combats ou N mechas avec l'esprit de sacrifice qui donne une grandeur d'âme (shônen manga qui m'ont toujours passionné), profitons de la variété éditoriale des mangas pour chercher autre chose. Notamment, on dispose d'exemples de quotidiens, de "portraits de jeunesse japonaise", ou plus largement d'exemples de femmes contemporaines en civilisation industrialisée. Merci le jôsei manga.

L'univers du jôsei manga, parmi l'éventail d'oeuvres proposées chez nos éditeurs français (Sakka, Asuka, Akata, ...), est surtout composé de femmes sur lesquelles pèse le poids d'une relation amoureuse bancalement trop longue, ou de femmes libérées et libertines qui couchent sans voir d'importance particulière dans le corps où elles habitent, ou surtout de filles dans le monde du travail qui deviennent femmes dans leur corps et leur âme en faisant enfin école de la vie. Etre femme n'est pas forcément fusionner avec un homme qui complète le couple de ce que la femme n'a pas acquis durant son adolescence, être femme c'est aussi s'assumer en tant qu'individu et être soi-même complètement. Parmi ces oeuvres, voici mes coups de coeur de l'été-automne !

+++ Body & soul / Erica Sakurazawa + Takumi Terakado body_soul.jpg

Miku en a assez de son compagnon et de son quotidien monotonement ingrat. Mais quitter son homme reviendrait à devoir déménager : ce que c'est embêtant !! Mieux vaut donc supporter et attendre que le temps passe. La nature fait bien les choses : son corps lui envoie des signaux pour l'alerter que continuer ne lui convient pas, elle subit alors migraines et dérèglement menstruel. La vie fait également bien les choses : elle rencontre un chiropraticien qui s'inquiète de sa "carcasse", puisque tel est devenu le corps qu'elle n'écoute pas. Nous suivons alors cette désespérante héroïne, qui ne désire qu'être aimée et rassurée, dans son évolution, tirée hors de l'eau par cet énigmatique docteur au style de vie liant médecine et spiritualité.

Miku évolue sur le plan de sa prise de responsabilité, en décidant de quitter l'homme qui ne respecte pas son corps, en faisant face à son licenciement, ... Elle évolue sur le plan corporel, en apprenant à comprendre son corps et le lien entre son bien-être moral et son bien-être physique. Mais surtout, Miku évolue sur l'attention portée envers elle-même, car en répétant les mêmes schémas amoureux erronés et en mutilant à nouveau son corps, son chiropraticien lui déclare que l'essentiel est qu'elle doit enfin prendre soin d'elle-même, en tant qu'humaine.

2 tomes pour un manga structuré de manière pédagogique : le Dr. Takumi Terakado, acunpuncteur osthéopathe, ouvre chaque chapitre par un texte sur différentes méthodes de médecine douce, puis Erica Sakurazawa romance le propos tout en faisant avancer son histoire. Le message au service de l'histoire, l'histoire au service du message. La collaboration est très intéressante et permet à ceux qui s'intéressent à l'écoute de son corps de trouver une belle illustration, et aux autres de s'ouvrir au concept.

+++ Sukunahikona / Q-ta Minami
(Melle Ôishi, 28 ans, célibataire - Melle Ôishi, 29 ans, célibataire - Melle Ôishi 32 ans, célibataire - Melle Ôishi 32 ans, mariée) sukunahikona_melle_oishi.jpg

Henmi incite Kon à se mettre en ménage et à quitter son travail pour devenir sa femme, mais il perd son travail. C'est alors Kon - Melle Ôishi - qui maintient la survie du couple où l'homme profite d'être entretenu, s'endette, ... Le cadre du couple bancal est posé, combien de temps Kon va-t-elle subit cette situation, va-t-elle au moins chercher à en changer ou l'accepter en l'état jusqu'à ce que l'ultime accomplissement via le mariage se fasse ?

Non seulement on traverse avec Kon sa prise de conscience et sa démarche pour vivre sans Henmi, mais on survole également la découverte de son talent dans un métier créatif qui lui convient bien, ses différents liens d'amitié, ainsi que les relations de son entourage. On explore alors des thèmes importants et proches de notre quotidien : dépression, possessivité, bestialité, ... Tout cela avec à la fois la simplicité et l'adversité de Kon.

4 tomes avec la narration fluide et le style épuré de Q-ta Minami, à l'image de la légèreté avec laquelle on traverse 4 ans de vie de femme dans une vie d'adulte en place. Légèreté qui donne un aspect distrayant à une histoire qui peut tout autant avoir sa profondeur dans de multiples domaines si le lecteur a l'envie de creuser. Voilà toute la force de cette oeuvre.

+++ Complément affectif / Mari Okazaki Complement_affectif_4.jpg

J'avais consacré un billet à cette oeuvre qui, dans le paysage du jôsei manga, flamboie par la beauté du style de Mari Okazaki. Avec elle, la pertinence du message et la sensualité des propos ne sont pas prétextes à simplifier un trait qui n'y perd rien en efficacité.

Egalement disponibles :

++ Vague à l'âme / Mari Okazaki
++ 12 mois / Mari Okazaki
+ Le cocon / Mari Okazaki
+ Après l'amour, la sueur des garçons a l'odeur du miel / Mari Okazaki
+ Shibuya love hotel / Mari Okazaki
+ Angel / Erica Sakurazawa
= Angel Nest / Erica Sakurazawa
= Pink / Kyôko Okazaki
= In the Clothes Named Fat / Moyoco Anno
= Everyday / Kiriko Nananan
- Adieu Midori/ Q-ta Minami
- Jeux d'enfant / Q-ta Minami
- Dernier soupir/ Mari Okazaki
-- Plaire à tout prix / Moyoco Anno

La suite de mes explorations sur mon billet permanent ^_^

J'ai encore de beaucoup d'exploration à faire dans l'univers du jôsei manga, je vous invite à explorer également !

août 30

Amélie-san, la plus charmante pluie japonaise

Il faut croire que je semais les graines de mes fleurs préférées en créant mes premiers sites web, aujourd'hui je revois mon site datant lui aussi de 1999 sur Amélie Nothomb suite à l'émoi qu'a suscité la lecture de son dernier roman : Ni d'Eve ni d'Adam. La rentrée littéraire 2007 est fantastique !!

Nous avions eu sa petite enfance au Japon avec sa gouvernante Nishio-san dans Métaphysique des tubes, nous avions eu sa carrière de salary woman avec sa collègue Fubuki dans Stupeur et tremblements, et nous avons cette année son amour pour le pays du soleil levant avec son fiancé Rinri.

Ni d'Eve ni d'Adam

La toute jeune Amélie-san décide de vivre dans le pays de son coeur : le Japon. Elle vit alors l'épanouissement estudiantin dans l'ivresse des montagnes ornant en grande partie ce pays, amie avec la grandeur et l'accueil patriotique du Mont Fuji, dans la jubilation de la cuisine japonaise, etc. C'est un plaisir de suivre son bonheur asiatique, dans sa fantaisie si caractéristique et ses pures intensités d'émotion. Il y a aussi sa relation avec un étudiant japonais - cet échange linguistique, cette curiosité mutuelle pour la culture de l'autre - qui vient parsemer le tableau de touches de société japonaise. Mais avant tout, on boit son envie de Japon, on contemple son image du Japon, et l'on dévore ses découvertes du Japon en étant heureux du festin offert.

La grande paix de ce magnifique tableau sur 200 pages nous amène à 50 dernières pages d'une densité de pertinence folle. La première lecture de celui qui ne comprend pas reflètera une impression de fuite aussi lâche que stupide. Carcan social international. La lecture de l'autre lui fera réaliser que l'attitude fluide d'Amélie-san est envol, il est au contraire courageux de privilégier la liberté et se donner l'opportunité de s'accomplir et de donner un sens à sa vie !!! Bref, la toute jeune Amélie-san, augmentée de la pluralité des Amélie du Japon, décide de Vivre.

Ce qu'il y a de fort, avec un récit autobiographique, c'est que l'auteur nous offre son expérience. Il est important d'avoir des modèles pour avancer; d'une certaine manière, pour des domaines précis et variés, nous avons tous des modèles. Avec Ni d'Eve ni d'Adam, Amélie-san peut être un modèle dans des domaines, c'est en soi un superbe cadeau.

Gravez en vous-même cette phrase sublime et souvenez-vous-en lorsque vous vous enfermez dans vos multiples coquilles : "Le seul déshonneur c'est de ne pas être libre."

août 23

KareKano, le monde merveilleux d'un kareshi et d'une kanojo

Dire qu'un de mes premiers sites web de fan créé en 1999 est Wonderland KareKano, j'étais complètement séduite en ayant à peine vu 10 épisodes de la série animée par Gainax et en ayant lu 5 tomes du manga de Masami Tsuda. Aujourd'hui, ça me fait tout drôle de lire l'avant-dernier tome, le n°20, publié par Tonkam.

KareKano20

Kareshi kanojo no jijô, en bref KareKano : Situation quand on est petit ami et petite amie, en bref Elle et lui, c'est d'abord le coup d'éclat de deux élèves brillamment modèles selon les critères activistes qui décident d'apprendre à s'aimer eux-mêmes tels qu'ils sont, et non tels que la société voudrait qu'ils soient. Comment passer de l'excès dans le moule social à l'authenticité ? Rien de mieux que de changer avec un guide qui évolue dans le même sens à côté de soi : Sôichirô et Yukino commencent à briser la coquille des apparences ensemble, forts d'être un modèle pour l'autre et d'avoir l'autre pour modèle de développement personnel.

Et l'histoire se développe, l'univers s'étend, et l'on sort de plus en plus du monde sucré du lycée pour découvrir ce qui fonde aussi l'adulte en devenir. Alors que Yukino se découvre une passion autre que les études dans le théâtre, partage des moments avec des amies et non des admiratrices, et se détache de plus en plus du regard des autres, Sôichirô affronte les démons que sont son passé et les membres destructeurs de sa famille. Chacun cherche son équilibre et le chemin vers lequel il va, seuls et ensemble ils traversent les dernières années scolaires, étapes déterminantes pour le puzzle de leurs priorités de vie.

A mesure que le trait de Tsuda se simplifie et décrit des personnages plus matures, les tourments cessent et l'on arrive à la fin du manga, début de vie d'individu et de couple de nos kareshi et kanojo. Vivement Octobre 2007 pour le final d'un manga qui a sû être profond et simple à la fois !

juillet 19

Complément affectif / Mari Okazaki @ Akata

Parce que les arêtes de la vie sont parfois si tranchantes
Parce qu'il faut trop souvent choisir entre le travail et l'amour
Parce que dans ce monde glacial, il est si difficile de trouver une épaule sur laquelle s'abandonner...

Toutes les femmes ont besoin de Complément affectif !

Complément affectif

Oui j'ai détourné le texte légèrement en remplaçant "fille" par "femme", car ainsi ce texte me paraît particulièrement criant de vérité. Alors, parlons vraiment de cet intense manga, collection Jôhin chez Akata : Complément affectif (Suppli) de Mari Okazaki.

Si une femme de 40 ans est travailleuse mais surtout encore célibataire, pensez-vous que c'est "une pauvre fille", allez-vous vous en moquer "comme tout le monde" ? Que savez-vous de ce qui constitue vraiment le sens de sa vie, et d'ailleurs le seul critère d'accomplissement d'une femme n'est-il réellement que dans le mariage avant 25 ans ? Cette coquille imposée avec lourdeur par la société , même moderne, encore très actuellement, est brisée dès les premières pages par Mari Okazaki, plus précisément par son héroïne qui se voit de l'extérieur avec un regard triste mais lucide : 7 ans de vie par habitude avec un homme qui n'exprime ni goûts ni envies, si cette absence de partage finit par les peser, autant de séparer et se chercher soi-même. Commence alors la longue quête de l'accomplissement de soi, en tant que célibataire, en tant que femme, en tant que femme au travail, en tant qu'humaine. A partir de ce point de vue libéré des clichés sociaux, on observe ces portraits de femmes combatives qui cherchent sincèrement à faire quelque chose porteur de sens dans leur vie.

Si l'on ne prend que le cas de Minami Fujii, l'héroïne, cela permet de partir d'une vision naïvement romantique et de suivre un cheminement vers une vérité plus mature. Fujii est d'abord un personnage dont la maladresse dans les relations humaines la réduit à ruminer et attendre après des mails plutôt que de communiquer directement. Elle a alors en elle une fragilité que l'on aurait envie d'enrober de protection masculine pour la consoler, c'est ce qui semble être le meilleur moyen de sauver un être à la fois pur et tourmenté. Ce serait oublier l'essence de la personne, ce pourquoi Fujii se lève chaque jour : créer une publicité qui toucherait profondément au moins une personne. Cette femme, qui redécouvre la vie avec d'autres personnes qu'une exclusive, se lance alors avec encore plus de force sur son chemin. Et alors, sa vie prend une autre couleur : il y a ce qu'elle veut vraiment faire, et il y a l'environnement qu'elle chérit et qui la nourrit en retour. Il ne s'agit plus du coeur brisé d'une fille qui n'a d'autres repères que l'entreprise, il s'agit de l'avancement d'une femme qui voit les gens par leurs démarches sincères et qui tente elle aussi de continuer à être franche avec elle-même.

4 volumes parus en France à ce jour, le tout avec le style précis et sensible de Mari Okazaki, sensuel et subtil à la fois. Elle décrit des situations tellement réalistes qu'on ne peut que vibrer et comprendre les sentiments et réflexions des personnages, en se disant que l'auteur ne peut qu'avoir vécu certaines choses elle aussi à son passage en agence de communication. La femme, l'efficacité de la femme, la perfection de la femme, les exigences, etc., peuvent finalement être ramené à chaque personne : quel est le sens de votre vie, votre moule social vous convient-il, avez-vous finalement le soutien dont vous avez besoin ou ne vivez-vous que pour être soutenu ? Chacun peut avoir sa lecture de ce manga, mais surtout ce qui compte, c'est comprendre et se mettre du point de vue décrit, alors peut-être aurez-vous besoin dans votre bibliothèque personnelle de Complément affectif !

mai 18

Reason to realize myself

On a aisément conscience qu'il y a un socle social, des moules et des chemins balisés pour nous servir de sol horizontal rassurant. Il se peut qu'on prenne conscience qu'on finit par se brider pour se conformer à la société, voire on oublie l'essence même de son authenticité.

Mais là encore, il n'y a qu'une vision partielle de la coquille qui nous enferme.

A mesure qu'on s'éveille, qu'on ouvre les yeux vers la lumière, qui passe par les fentes de ce sur quoi on tape lorsqu'on a la volonté de se libérer, on se rend compte finalement que dans les profondeur même de son coeur on a intégré des interdictions, des limites conventionnelles. Ces limites déterminent si un projet personnel est de l'ordre du fantasme ou de la "vraie vie", ce qui est usuellement qualifié de "raisonnable".

Brisons la coquille

Or la vie a toute sa saveur lorsqu'on a des Raisons de la vivre ! Sincèrement, brisez la coquille !! Réalisez-vous !!!