mai 27

Cinéma d'Avril-Mai 2007 : L'Intégrité

Je n'avais pas prévu de parler cinéma ici, mais je suis tellement tombée en amour devant deux films aujourd'hui qu'après tout j'aimerais aussi partager ça ^o^ Je n'ai pas de grandes références cinématographiques, je ne m'encombrerais pas d'une partie résumé, et mes remarques seront concises et sans prétentions; toutefois si mon ressenti peut vous amener à vous intéresser à certains films que j'ai aimé, ce sera un super échange ^___^ Et donc, les films de ce mois-ci :

Persépolis / Marjane Satrapi & Vincent Paronnaud – film d'animation français Persépolis avant-première Quand une dessinatrice de BD se met à la réalisation pour vous compter son histoire, c'est avec grande curiosité qu'on découvre l'aboutissement de sa démarche. Et Marjane Satrapi le fait avec brio ! Le style graphique se prête bien à l'histoire : le design permet bien de différencier l'origine des personnes, la simplicité des traits exprime efficacement ce que le visage humain dégage, les décors épurés accompagnent bien l'ambiance urbaine, le climat de guerre ainsi que les réflexions intérieures. Et quelle histoire !! Je ne peux que vous renvoyer vers cette chronique (j'éditerais ce post pour indiquer le lien ^^) pour de plus amples détails sur cette réalisation réussie, cet humour qui a rythmé ce film malgré sa forte teneur, etc. Je vous conseille de vous jeter sur ce film, à sa sortie dans un mois, ne serait-ce que pour son fil directeur, la valeur qui pour moi a été clairement et profondément véhiculée via ce récit, cette narration bien ficelée, ces dialogues forts : l'Intégrité. Vivre sa vie en étant intègre avec soi-même, en suivant ses convictions dans ses gestes tous les jours, et le faire résolument libre car on a toujours le choix !

La vie des autres (Das Leben der Anderen) / Florian Henckel von Donnersmarck - film allemand La vie des autres "La vie des autres", ou l'ouverture d'un coeur rigide par idéologie à la sensibilité d'artistes, ou l'accomplissement d'un artiste par l'écriture d'un article par conviction, où la composition d'une musique ("Sonate pour l'homme bon") détermine que le coeur de celui qui l'écoute vraiment ne peut être mauvais, ... Je pourrais m'arrêter là avec si peu de mots pour décrire tant d'émotions, tellement je ressors essouflée. Bouleversée qu'il existe des oeuvres capables d'émouvoir autant, d'exprimer à ce point l'essence de l'humanité. Et d'ailleurs, je m'arrête là, vraiment VRAIMENT Florian Henckel von Donnersmarck a accompli un travail admirable...

Les chansons d'amour / Christophe Honoré - film d'auteur français Les chansons d'amour Que ressentiriez-vous si votre couple va mal, si ensuite votre compagne meurt subitement, si son entourage attend que vous vous releviez dans la normalité en se montrant intrusif et juge, si vous êtes perdus dans vos sentiments ? La meilleure façon de le dire est de le chanter. Alors, les mots sont mieux compris et ressentis. C'est ainsi que l'on suit le désespoir et la reconstruction du héros, structurés en plusieurs parties de film et en évitant la lourdeur de dialogues comme dans Les contes de Terremer (voir ci-dessous).

Amer béton / Michael Arias - film d'animation japonais Amer béton Une animation intéressante, un graphisme peu commun, des personnages charismatiques et extrêmes dans une sorte de Tôkyô qui a mal tourné dans son modernisme, son décor euphorique d'attraction et de consommation qui est en décalage avec la violence des bandes pour garder ses territoires urbains. Blanc et noir sont des enfants à la fois caractériellement opposés et paranormalement liés. Le tout est de savoir si l'on cède au pouvoir et envie de destruction que l'on a ou si l'on tente de croire en la vie. Ou de croire en Blanc. A vous d'analyser par vous même...

Les contes de Terremer / Goro Miyazaki – film d'animation japonais Les contes de Terremer Ne regardons pas ce film comme sorti des studio Ghibli, mais comme le premier essai d'un réalisateur puisant son inspiration dans l'univers du studio. Parce que ce film semble dater, l'animation n'est surprenamment pas si bonne, et surtout l'histoire n'est pas contée avec poésie mais avec lourdeur. Faire passer un message par un dialogue sans contexte qui s'y prête, avec des phrases crues suivies d'une musique en explosion et d'un décor exagéré de coucher de soleil qui apparaît, c'est tenter de communiquer maladroitement par matraquage. Si encore ces messages étaient d'une pertinence touchante, mais non ! D'après l'héroïne, un être obtiendrait son éternité « en faisant des enfants », non mais NON !!! Il aura été décevant de survivre à la lenteur initiale du film, la gratuité des dernières scènes de monstruosité, pour de tels messages... Le fils du Miyazaki que l'on connaît ne sera pas la relève attendue pour le studio Ghibli.

TMNT les tortues ninja / Kevin Munroe – film d'animation américain TMNT On va voir cette autre adaptation de la série de notre enfance pour se divertir, et on a la bonne surprise d'avoir en plus une animation de qualité, un chara design soigné, et un aspect psychologique des personnages qu'on n'attendrait franchement pas pour nos tortues transgéniques ! Il ne s'agit pas des aventures d'un groupe de ninjas déjà consolidé contre un gros méchant parmi tant d'autres. On suit individuellement les tortues à la recherche de leur propre raison d'être et de se battre, les amenant à comprendre la force de leur union. Une bonne surprise qui amène bien sûr l'amusement attendu ^^

Le secret de Terabithia / Gabor Csupo – film américain Le secret de Terabithia Tout le film est un conte de magie : l'enfance qui croit en la magie peut voir un monde verdoyant de fantaisie. On respire à plein poumons de l'air positif avec les deux héros qui se découvrent, eux qui vivent leur originalité dans une vie quotidienne et scolaire peu agréables. Car il suffit de garder l'esprit ouvert pour être heureux. Et au beau milieu de la verte prairie qu'est ce film, le scénario tourne à la catastrophe, comme si tout à coup il avait été imposé de ne pas délivrer de rêve, alors l'histoire vire à la destruction de la magie qui avait été si bien posée et cela au profit d'une morale abominablement conforme à la vieille société. Quel dommage...

mai 25

Seuls et ensemble autour de l'art

Il y a les voyages qui viennent orner ce blog, et la vie culturelle est aussi un univers qui offre bien de l'oxygène, qui constitue un de mes horizons nouveaux. Il y a aussi le rapport qu'on a à l'art et la manière dont on voudrait être acteur positif à la société. J'en parlerais peu à peu ^__^ Pour ce jour, c'est plongée dans une ambiance différente, qui m'a de suite dépaysée par tant de beauté architecturale et de gens aimant le baroque, que j'ai lu un texte qui entrait pleinement en résonnance avec mes pensées du moment. Jean-Paul Davois, directeur général d'Angers Nantes opéra, écrit :

ll échappe à tout entendement lorsque la musique s'en mêle. Il sait se rendre nécessaire en offrant du sens à la société, à chacun des citoyens. Mais il doit en même temps déranger, bouleverser, interroger, toujours modifier de façon sensible et durable le regard que nous portons sur le monde. Et mes choix artistiques, tout notre travail d'action culturelle, doivent se mouvoir dans cette ambiguïté.

(...)

Et si je pense que l'éducation artistique est nécessaire à l'évolution du goût, à la découverte de nuances et de finesses que nous ne soupçonnions pas, je ne la confonds pas avec la pratique artistique qui, trop souvent, en prouvant à chacun qu'il peut être créatif, lui laisse croire qu'il est un créateur. Un artiste. Il est bon, indispensable, que chacun d'entre nous apprenne, réapprenne à vivre en bon intelligence avec l'art, sans en attendre plus qu'il n'est, sans sous-estimer son importance. Et je me réjouis que nous sachions encore nous rassembler pour assister, à la fois seuls et ensemble, au miracle de la création, dignes descendants des hommes de la préhistoire réunis au fond des grottes et qui regardaient, effrayés ou enthousiasmés, le monde vivre des fresques immortelles.