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mai 25

La création, un sérieux travail amusant

On associe couramment "pénibilité" avec "travail". Lorsque le but premier de travailler n'est que la rentabilité financière, le travail alimentaire peut être pénible. Mais tout travail n'a pas à être pénible, et lorsque le but de son travail est d'échanger dans l'épanouissement, il ne s'agit plus de souffrir pour se nourrir.

creationTravail.jpg

Il n'est pas évident pour un artiste de légitimer sa position au sein des salariés affamés qui sacrifient leur personne pour survivre, des PDG qui méprisent le taux horaire de travail sur papier d'un artiste, des gens qui font des heures sup pour leur besoin de confort matériel. Et pour l'artiste lui-même, c'est difficile de se proclamer "artiste", d'ailleurs qu'est-ce qui mérite la valeur artistique ?

En quittant le monde de l'entreprise, j'ai transposé l'hygiène de travail d'un cadre à celui d'un artiste : des horaires de travail, tous les jours, sans faute, avec des deadlines, etc. Je ne dis pas que c'est une erreur, au contraire : donner un espace ample à la création favorise l'émergence de la création. Cependant, mon erreur est d'avoir voulu crédibiliser ce rythme à tout prix, voir un aspect monastique au retrait artistique, vivre l'isolement alors que ma démarche est partage. Et je crois voir que beaucoup plongent dans cette erreur, pour croire en soi, en son activité, en son professionnalisme. Or être professionnel, ce n'est pas être productif/rentable, c'est être productif/qualitatif. La qualité vient de l'expérience et de l'authenticité de la production; si vous créez parce que vous le voulez au fond de vous, votre oeuvre aura cette marque de qualité. Et si vous produisez dans le plaisir de créer, c'est bien du travail, peut-être même du travail bien fait ^_^

Loin d'être un soldat à l'intelligence engourdie, notre artiste est en fait l'enfant en nous, notre compagnon de jeu intérieur. Comme avec tous les compagnons de jeu, c'est la joie et non le devoir qui tisse des liens durables. Vrai, il est possible que notre artiste se lève à l'aube pour accueillir la machine à écrire ou le chevalet dans la quiétude du matin. Mais cet événement se rapproche plus de l'amour d'un enfant pour une aventure secrète que d'une discipline de fer. (...) Souvenez-vous que l'art est un processus. Le processus est supposé être divertissant.

Julia Cameron

janvier 18

Obésité de culture

privation_lecture1.jpg J'ai l'impression que j'essaie de trop lire en ce moment...

privation_lecture2.jpg J'ai l'impression de tendre vers une "obésité de culture".

privation_lecture3.jpg Je me mets à avoir des pensées de type "film encré dans son époque", "manga profondément humain", "pièce à mise en scène in-té-ressaaaante"...

privation_lecture4.jpg Il faut que j'arrête. Ca m'asphyxie, mes propres pensées sont noyées dans les critiques et ce n'est pas pour moi...

C'est là que j'en arrive à la semaine 3 du livre Libérez votre créativité de Julia Cameron, et un exercice de la semaine est "Privation de lecture" !! Trop fort, quelle synchronie !

privation_lecture5.jpg De temps en temps, une semaine sans lecture, sans pollution médiatique : sans livre, sans journal, sans TV. Ca ne fait pas de mal. Ca laisse de l'air : libre court à l'écriture, au dessin et à la création !

décembre 3

Débloquez-vous : libérez votre créativité !

Je lis et je bondis devant ces mots sur le blog de Myllena :

Parmi les configurations qui induisent un stress important et qui peuvent conduire à un burnout, citons :

• le conflit de priorités : vous avez de multiples activités dans des directions différentes mais vous n’arrivez pas à définir des priorités. Peu à peu vous vous sentez tiraillés entre vos diverses obligations de manière insupportable.

• vous sentez d’autre part que votre entourage attend beaucoup de vous (...). Peu à peu s’installe le sentiment que vous n’avez rien fait de bon.

J'ai envie de répondre beaucoup de choses, j'ai beaucoup à dire, d'ailleurs j'y travaille sérieusement avec mes pinceaux pendant que mon blog prend la poussière; comme je le disais dans les commentaires du billet Facebook : parfois on choisit de dessiner plutôt que de passer du temps sur le web. Je suis plutôt contente parce que dessiner pour l'amour du dessin est une chose, mais dessiner pour exprimer quelque chose est bien ce qui a du sens pour moi. (J'en parlerais davantage si c'est publié ^^)

Pour revenir au sujet, je pense, Myllena, que tu sais déjà ce que tu veux faire. Et toi aussi, Morgan, tu le sais. Je ne sais pas pourquoi il a fallut que vous en passiez par le doctorat pour vous percer à jour, mais je crois que vous êtes dans une phase difficile où il faut tenir bon, où l'on balance encore entre le confort et son véritable rêve, entre l'excellence acquise et le nouveau départ. Il me semble que le plus dur est de prendre conscience du sens de sa vie, à partir de là il y a constamment la lumière de son objectif pour être guidé vers le bon chemin. Chemin qui est d'abord douloureux car il faut faire le deuil de sa vie confortable et conforme, respirer dans le brouillard des doutes de son entourage, trouver le moyen qui nous convient le mieux pour rester sur sa voie. Mais une fois engagé sur cette voie, tout se débloque, tout se passe dans l'ordre des choses, la vie semble concourir au bon fonctionnement, et tout d'un coup vos proches vous comprennent, parce que vous êtes véritable avec vous-même.

Je pourrais citer Julia Cameron qui vous mettra devant un fait, dur, mais c'est un fait : "Le refus d'être créatif est un choix volontariste et va à l'encontre de notre véritable nature."

Si vous suffoquez dans le brouillard des autres :

La vie d'autrui a voilé et détourné la nôtre. En construisant un noyau dur au cours de notre processus de retrait, nous devenons à même d'articuler clairement nos propres frontières, nos rêves, nos objectifs authentiques. Notre souplesse personnelle s'accroît en même temps que notre malléabilité face aux caprices des autres diminue.

Mais le pire ennemi est en nous, et j'ai envie de dire que c'est assez caractéristique des artistes. Quel dessinateur - accompli ou non - n'a jamais connu de blocage ?

Nous sommes victimes de notre propre critique, perfectionniste intériorisé, ce méchant critique intérieur et éternel - le Censeur - qui réside dans notre cerveau (hémisphère gauche) et maintient constamment un flot de remarques destructrices qui, souvent, se déguisent en vérité. (...) Le but, c'est de cesser de considérer votre Censeur comme la voix de la raison et d'apprendre à le concevoir comme un dispositif de blocage, ce qu'il est.

Julia Cameron - Libérez votre créativité

Bref, gardez le moral, courage !!