octobre 20
Affirmation de soi dans le métier
16:53 Développement personnel Lien permanent
2007 est une année vraiment charnière. Pour ma part, cette année, j'ai déclenché de nombreux bouleversements dans ma vie pour la construction de mon individualité, parce que je me suis rendue compte de toutes les coquilles qui m'enfermaient alors que la vie est immense ! Alors, brisons ces coquilles !!

Sans trop vouloir parler de moi, je n'ai cessé, au cours de cette année, d'encourager tout lecteur de ce blog à vivre selon ses convictions. Je pense qu'il y a des exemples flagrants dont vous pouvez vous inspirer pour construire votre univers et j'ai essayé de vous le transmettre par mes différentes chroniques promouvant Amélie Nothomb ou Mari Okazaki. Mais maintenant que toutes les machines sont enclenchées, je peux vous parler de mon petit exemple sur un domaine ciblé : le métier.
On ne choisit pas dans quel milieu social on naît. Mais on est reconnaissant envers ceux qui souhaitent son bonheur futur. Par conséquent, inconsciemment, on fait de son mieux pour donner satisfaction et "réussir sa vie". Mes parents sont venus en France en quittant tout de leur vie ; par cette décision, ils espéraient donner un cadre plus prospère à leurs enfants. Lorsque je suis devenue cadre, ils étaient fous de joie pour l'indépendance financière et le prestige que cela représentait. Seulement, je ne suis faite ni pour encadrer ni pour avoir une vie carrée. Cela peut paraître égoïste et peu raisonnable ; c'est simplement se regarder avec sincérité, en enlevant les oeillères que sont ses carcans sociaux et ses poids affectifs. Jusqu'ici, je n'ai donné corps à mes rêves que de la pointe des doigts : huit ans de dessin dans le milieu amateur et le fanzinat, de l'étonnement en voyant des gens heureux de repartir avec mes dédicaces, un scepticisme devant les gens qui croient en moi. Eh bien, il est temps d'avoir confiance en la vie pour faire ce qui a vraiment du sens pour moi, la seule chose qui ait une réelle utilité.
Bon courage à moi-même, je quitte tout pour me donner une chance dans l'illustration et, plus tard, l'expression au sens plus large. Lorsqu'on a des choses à dire et l'envie de transmettre, c'est le moment de passer à l'action et de faire face à tout ce qui survient sur son chemin. Concrètement, quid de ma stabilité financière, du sol et du toit où je vis, du confort et du réconfort ? Je remplace tout par la liberté d'expression ; d'ailleurs, je retire la stabilité pour oser m'exprimer, je n'ai plus besoin du sol rassurant car je veux être libre. C'est là que je trouve le bonheur qui m'est propre, même s'il ne s'agit pas du bonheur classique. Dans l'univers des entreprises qui m'ont accueilli, je souhaite adresser un au revoir particulier à des personnes qui m'ont iradié d'une lumière atypique :
Il ne peut exister de stress supérieur à celui que procure le déni de son moi authentique. Parce que votre énergie de vie est détournée et par là même appauvrie, vous êtes compromis sur le plan mental, émotionnel, spirituel et physique. (...) Si vous ne réservez pas une soupape d'expression à votre vraie passion, vous perdez encore six ans (...) tout cela parce que vous avez choisi de mener votre existence dans une prison fictionnelle, plutôt que de découvrir et vivre une vie cohérente avec votre personnalité authentique.
Et moi alors ? Philipp Mc Graw.




















Commentaires
Après avoir lu cette note, je suis allée pleurer un bon coup, avant de revenir pour écrire ces lignes. Toute cette réflexion sur l'affirmation de soi, la découverte du déni de tes vraies passions, je suis en plein dedans, ou plutôt j'en sors à peine.
Ce n'était pas nouveau pour moi que le domaine d'études que j'avais choisi à la sortie du bac ne me passionnait pas. Chaque année, c'est dans un doute profond que je décidais de poursuivre une année d'étude supplémentaire. Et résultat, me voilà en thèse, à travailler dans un domaine certes intéressant scientifiquement, humainement, et formateur pour l'esprit, mais peu épanouissant pour mon vrai moi.
Mon travail intérieur a pris son élan en juillet. J'ai commencé à accepter l'idée que je puisse tout d'abord ne pas faire ce métier toute ma vie, puis ne pas faire ce métier du tout. La thèse scientifique est un travail bien plus déprimant que tout ce que j'avais pu imaginer. Le fait d'échouer 95% du temps, d'arriver à accepter ces échecs tout en continuant d'avoir confiance en soi pour arriver à avancer, essayer de comprendre cet échec, et rester créatif pour trouver de nouvelles idées qui cette fois-ci mèneront peut-être à une réussite. Et quelle réussite? Une réussite qui porte à un nouveau questionnement, un nouveau problème, et de nouveaux échecs. C’est ce cycle sans fin, dans lequel le doute est omniprésent (et est indispensable, pour rester ouvert à la possibilité que l'on fait finalement peut-être fausse route?), qui m'a fait me rendre compte que je n’étais pas faite pour la recherche scientifique, et que la recherche scientifique n’était pas faite pour moi.
J'ai découvert quelque chose de nouveau sur moi-même ainsi: que j'avais besoin qu’à la fin de la journée, je puisse me dire "je suis fière de moi, j'ai accompli telle partie du travail, le projet avance!", chose qui est totalement impossible en recherche scientifique, où la phrase du soir est "encore une expérience ratée, peut-être que le mois prochain, j'y arriverai" (oui, en plus, c'est très souvent long à mettre en place).
Mais réjouissons-nous, car une fois accepté le fait que mon vrai moi a besoin d'autre chose pour s'épanouir, gardons courage, finissons ce dans quoi je suis pour l'instant trop embarquée pour baisser les bras. Cela fait plaisir aux parents, bien sûr, mais aussi pour ne pas décevoir tous les gens qui me soutiennent au quotidien, et moi-même, l'énergie que je dépense depuis un an à ce projet, la dose de courage que j'ai déjà su aller puiser très très très loin au fond de mon être, en quelque sorte, un véritable dépassement de soi! Quand tout cela sera terminé (soit dans environ 2 ans et demi), j'en serai tellement plus forte ! Je pourrais repartir sur des bases solides de confiance en soi, et me consacrerai à ma vraie passion: les langues vivantes. Sept ans dans la traduction bénévole. La phrase de fin sera pour moi: "On ne se refait pas!"
Merci pour ta note, Alice. Je laisse rarement des commentaires, mais sache que ce n'est pas la première fois que tes mots m'inspirent.
Myllena, ton commentaire est très touchant, merci de partager ta démarche courageuse et authentique, ça fait vraiment *vraiment* plaisir à voir ^____^ Courageuse parce que tu as sû regarder honnêtement là où tu allais en restant dans la recherche, te regarder intérieurement et trouver le vrai chemin que ton toi authentique a envie de suivre. Je t'encourage de tout coeur à vivre ta passion, car tu as déjà fait le travail le plus dur et érintant : prendre conscience que tu ne t'épanouissais pas et vouloir t'accomplir. A partir de là, le passage à l'action se fait en ayant toujours devant soi un objectif sincère et résolument stimulant !
De même, je laisse ma carrière scientifique de coté pour me tourner vers une autre voie, l'informatique
La vie est courte, autant faire un metier qui nous plait vraiment et avoir des passions intéressantes à coté !
Tu sais tout ce que je pense de cet élan, et je te souhaite vraiment et sincèrement tout l'épanouissement lumineux que tu mérite sur ce chemin d'authenticité ^_^ ...
C'est là que je me rends compte de la chance que j'ai, de faire un métier que j'aime et qui me permet de gagner ma vie de ma passion.
Comme quoi, y'a peut-être une justice en ce bas monde finalement ^^
La vie est trop courte pour qu'on ne se consacre pas à ce qui est véritablement porteur de sens pour soi. Et quand bien même elle serait longue, très longue, de quelle valeur serait porteuse une vie éloignée de ce qui a vraiment de l'importance pour soi ?
Tu prends une décision très courageuse, de celle que beaucoup n'oseront jamais prendre. Au-delà de la démission, il y a tout ce qui va avec : négocier un virage à 90° là où il aurait pu être si facile, si aisé de continuer tout droit sur la même route. Au vu de ton talent, de ton effervescence, de ta richesse intérieure, je suis convaincu que tu vas faire des prouesses sur le chemin dans lequel tu t'es engagée. Tu as beaucoup de choses à dire. Cette décision est très logique quand on regarde ton cheminement artistique, quand on se souvient de la volonté de partage qui régnait déjà à l'époque d'Usa-Usa. Un titre qui n'était pas seulement un fanzine de plus, mais qui apportait vraiment une patte, une originalité, un enrichissement des lecteurs. Quand on reconnecte tous les morceaux, il me semble que cette voie est bien plus toi que n'importe quelle autre. Vers une liberté et un bonheur véritable, issue de ton toi profond. Good Luck, Rosalys-chan !
J'aime beaucoup les portraits que tu présentes ici, dans un style un peu différent de ce à quoi tu nous as habitué.
Myllena > Je trouve ton commentaire particulièrement intéressant pour des multiples raisons. D'abord parce qu'il fait écho à un message particulièrement fort que Rosalys partage avec ses lecteurs. Ensuite, parce que je suis passé par le même genre de questionnement quant à la recherche scientifique et ce qui y est associé. C'est vraiment admirable d'oser porter un nouveau regard sur soi-même, d'oser accéder à un surplus de lucidité pour aller au-delà de ses apparences, ou des apparences avec lesquelles on voudrait vivre. Le processus peut être douloureux mais ce qui compte, au fond, c'est de trouver qui l'on est vraiment et de construire afin de donner de bonnes bases d'épanouissement à ce soi véritable. J'espère que tu pourras vraiment t'accomplir dans le domaine qui a du sens pour toi, et que tu pourras déposer les premières briques de cet accomplissement à venir en parallèle de ton activité actuelle.
Vraiment content de voir qu'aujourd'hui tu t'épanouie dans ce que tu aimes. C'est avec courage et passion qu'on réalise de belles choses alors je te souhaite d'accomplir de grandes choses car tu as le talent et le coeur pour réussir dans cette voie
En tout cas, en lisant ce billet et aussi les commentaires, je me suis rappelé que je suis passé par la il y a quelques années et qu'aujourd'hui, je ne regrette pas d'avoir laché un métier probablement plus sur et plus rentable mais qui ne me convenait absolument pas, où je ne me sentais plus moi-même, prisonnière et si loin de mes besoins ou aspirations...
Ce n'est pas donné à tout le monde de pouvoir donner priorité à ses passions, sa vraie voie, mais quand on en a la possibilité, autant le faire, surtout quand cela devient "vital" (ça le devenait dans mon cas, c'est fou, j'avais vraiment oublier ce passage de ma vie...).
Je suis de tout coeur avec toi Alice, je suis de plus en plus persuadée que c'est ce qu'il te fallait! ^x^