Quand on pense à ce que peut être "une vie d'artiste", on pense à chance/malchance, talent/vains efforts, instabilité, hors de la société, risque d'échec, etc. Quand on ne s'est pas engagé d'emblée dans cette voie, d'autres voix de l'environnement viennent accentuer cette incertitude pour vanter le confort d'une vie fictionnelle bien conforme. Et puis, malgré tout, si vous avez envie d'y croire, que l'étincelle est là et que brûle en vous un grain de folie et une confiance vagabonde ? Eh bien je vous encourage à cesser de mourir chaque jour et à vivre de précieux moments plein de sens pour votre vie authentique !

La vie d'artiste

C'est alors d'autant plus inacceptable de voir un film tel que La vie d'Artiste (avec un 'a' majuscule !) diffuser sur grand écran des portraits de gens qui n'ont d'artiste que l'envie pédante et des démarches vides de passion. Trois personnages. Un professeur, qui n'a rien d'un pédagogue, veut être écrivain alors qu'il n'a rien à partager. Une comédienne, qui déteste la comédie qu'elle fait dans le doublage, ne fait que jalouser les autres actrices et réclamer de la notoriété alors qu'elle n'est même pas fichue de respecter autrui. Une jeune fille aime chanter, se désillusionne du milieu de la chanson.

On pourra s'amuser de petits détails, notamment la toute jeune qui pouffe de rire lorsque la patronne de son travail alimentaire lui fait un discours surfait de déception : elle rit puisqu'un métier alimentaire ne nécessite pas de dramatiser; chaque moment où l'actrice pouffe de rire d'un sentiment de liberté est véritablement plaisant !

Mais, globalement, tout ce film ne donne qu'une vision paresseuse et égocentrique de l'artiste, le loser mégalomane de la société, qui ne trouvera de satisfaction personnelle que dans l'amour béat ou la gloire passagère. Le réalisateur pose un sujet pourtant intéressant, mais on s'embourbe vers un message détestable et OMG le passage à Japan expo bêtifie inadmissiblement l'assemblée.

Un film à se tromper d'aller voir uniquement pour se morfondre.