Parce que les arêtes de la vie sont parfois si tranchantes
Parce qu’il faut trop souvent choisir entre le travail et l’amour
Parce que dans ce monde glacial, il est si difficile de trouver une épaule sur laquelle s’abandonner…Toutes les femmes ont besoin de Complément affectif !

Oui j’ai détourné le texte légèrement en remplaçant « fille » par « femme », car ainsi ce texte me paraît particulièrement criant de vérité. Alors, parlons vraiment de cet intense manga, collection Jôhin chez Akata : Complément affectif (Suppli) de Mari Okazaki.
Si une femme de 40 ans est travailleuse mais surtout encore célibataire, pensez-vous que c’est « une pauvre fille », allez-vous vous en moquer « comme tout le monde » ? Que savez-vous de ce qui constitue vraiment le sens de sa vie, et d’ailleurs le seul critère d’accomplissement d’une femme n’est-il réellement que dans le mariage avant 25 ans ? Cette coquille imposée avec lourdeur par la société , même moderne, encore très actuellement, est brisée dès les premières pages par Mari Okazaki, plus précisément par son héroïne qui se voit de l’extérieur avec un regard triste mais lucide : 7 ans de vie par habitude avec un homme qui n’exprime ni goûts ni envies, si cette absence de partage finit par les peser, autant de séparer et se chercher soi-même. Commence alors la longue quête de l’accomplissement de soi, en tant que célibataire, en tant que femme, en tant que femme au travail, en tant qu’humaine. A partir de ce point de vue libéré des clichés sociaux, on observe ces portraits de femmes combatives qui cherchent sincèrement à faire quelque chose porteur de sens dans leur vie.
Si l’on ne prend que le cas de Minami Fujii, l’héroïne, cela permet de partir d’une vision naïvement romantique et de suivre un cheminement vers une vérité plus mature. Fujii est d’abord un personnage dont la maladresse dans les relations humaines la réduit à ruminer et attendre après des mails plutôt que de communiquer directement. Elle a alors en elle une fragilité que l’on aurait envie d’enrober de protection masculine pour la consoler, c’est ce qui semble être le meilleur moyen de sauver un être à la fois pur et tourmenté. Ce serait oublier l’essence de la personne, ce pourquoi Fujii se lève chaque jour : créer une publicité qui toucherait profondément au moins une personne. Cette femme, qui redécouvre la vie avec d’autres personnes qu’une exclusive, se lance alors avec encore plus de force sur son chemin. Et alors, sa vie prend une autre couleur : il y a ce qu’elle veut vraiment faire, et il y a l’environnement qu’elle chérit et qui la nourrit en retour. Il ne s’agit plus du coeur brisé d’une fille qui n’a d’autres repères que l’entreprise, il s’agit de l’avancement d’une femme qui voit les gens par leurs démarches sincères et qui tente elle aussi de continuer à être franche avec elle-même.
4 volumes parus en France à ce jour, le tout avec le style précis et sensible de Mari Okazaki, sensuel et subtil à la fois. Elle décrit des situations tellement réalistes qu’on ne peut que vibrer et comprendre les sentiments et réflexions des personnages, en se disant que l’auteur ne peut qu’avoir vécu certaines choses elle aussi à son passage en agence de communication. La femme, l’efficacité de la femme, la perfection de la femme, les exigences, etc., peuvent finalement être ramené à chaque personne : quel est le sens de votre vie, votre moule social vous convient-il, avez-vous finalement le soutien dont vous avez besoin ou ne vivez-vous que pour être soutenu ? Chacun peut avoir sa lecture de ce manga, mais surtout ce qui compte, c’est comprendre et se mettre du point de vue décrit, alors peut-être aurez-vous besoin dans votre bibliothèque personnelle de Complément affectif !
Tags: 14-Réflexions, accomplissement de soi, brisons la coquille, conformité, jôsei, manga, mari okazaki, sens, sens de sa vie














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