Il y a l'actualité, et il y a ce que j'ai manqué durant ces dernières années, ce à côté de quoi on peut passer alors que ça a du sens.

De ce qui se dégage de mon mois de Juin, parmi ce qui donne de fantastiques éléments de réflexion et d'inspiration, il y a l'animation et les miroirs des films et série de Satoshi Kon - qui feront l'objet de mon premier billet sur Univers partagés, les voyages et observations dans L'odyssée de Kino, les mises en scène fascinantes des CountDown live d'Ayumi Hamasaki, et je vous parlerais ici de Setona Mizushiro ^___^

La spécificité de Setona Mizushiro est sa manière de peindre les détails de la psychologie de ses personnages via des traits délicats et éthérés. Aussi bien dans ses shôjo que dans ses yaoi manga, tout élément concourt à la compréhension des conceptions et tourments des protagonistes, ce qui les rend très humain dans leur plus vraie complexité. Le style graphique varie suivant ses oeuvres, contribuant à l'esthétique des carapaces que se sont forgés les personnages, la mise en valeur l'aspect sensuel qu'affectionne l'auteur, ou encore l'expression en peu de traits de sentiments alors palpables. Parus chez Asuka, on peut notamment suivre :

+++ L'infirmerie après les cours - 2004 L'infirmerie après les cours

Dans un univers fantastique et onirique, l'objet est de suivre la manière dont des lycéens dépassent leurs principaux traumatismes pour "sortir du lycée" : devenir adulte lucide et s'assumant dans son essence. Tout le manga devient alors prétexte à métaphores, aussi bien le cadre apparemment scolaire mais surtout social, que l'expression des craintes profondes des personnages. Ces derniers sont représentés dans leur personnification la plus imagée et visuellement percutante dans le monde des rêves, ces cours à l'infirmerie après les cours. Alors, avec tous ces éléments d'apparence sombre et permettant à la fois d'y voir clair, il est intéressant de voir comment ces personnages peuvent se libérer de leurs propres coquilles.

= X-day - 2002 X-day

De petites pollutions quotidiennes, qui n'ont l'air de rien, alimentent un mal-être au sein de personnes qui ont ce point commun : ils passent une partie de leur vie vide de sens dans la même école. A partir du moment où ce mal est souligné, on se questionne alors sur le trajet que peuvent emprunter ces personnages pour nettoyer leur quotidien. C'est par un but symboliquement fort que tout prend de l'importance : faire sauter l'école.

-- Le jeu du chat et de la souris - 2006 Le jeu du chat et de la souris

Les fans de yaoi me diront si c'est un bon yaoi ou pas, en tout cas pour son premier essai dans le genre, Setona Mizushiro met dans le jeu un homme à personnalité éteinte, qui n'a pour seul repère que ses clichés sociaux, face à celui qui le désire depuis des années. Le coeur torturé à la longue de ce dernier lui fait manipuler l'homme-objet dans ses pensées profondes comme son penchant final. Je ne mets que deux moins dans mon avis très personnel car c'est peut-être le genre, plus que le manga, qui ne me plaît pas.