Culture otaku

Le but de cette catégorie n'est pas de vous tenir au courant de l'actualité en japanimation, je laisse aux journalistes en herbe le soin de donner un point de vue au plus objectif; pour des critiques détaillées d'oeuvres intéressantes je vous renvoie vers la section Découverte d'Univers partagés. Ici c'est au contraire subjectif, il s'agit des animes/mangas vus par ce qui m'aura fait délirer sur le moment, une approche conviviale pour partager ce qui me parle et qui pourrait aussi vous parler.

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mars 4

Bleach Wii

Les jeux Wii souffrent d'une durée de vie limitée aux quelques heures de distraction de groupe lorsqu'on est avec des amis. Je pensais que c'était le concept de la console : interactivité avec la console, avec d'autres joueurs, au revoir la lobotomisation seul à appuyer maladivement le plus vite possible sur un bouton.

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Je m'étais trompée. Vive Sega pour son jeu Bleach sur Wii !! Dans Bleach : Shattered Blade, c'est le retour des bastons où l'on est scotché devant l'écran, cette fois-ci à secouer le nunchuk et enchaîner les combats de zanpakuto d'une excellente jouabilité. Et comme Bleach est une série de poseurs, il y a bien sûr des animations pour les superbes attaques. Seul regret : il n'y a pas de choix de langue, on entendra donc Hitsugaya promettre en anglais qu'il va sauver Momo...

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Il se trouve que oui, je portais une chemise Wii, lorsque j'ai testé le jeu ^o^

mars 3

Kerokero Ace

Rien de mieux, pour passer doucement du côté des vieux (adieu carte 12-25 !), que de lire un magazine de prépublication sous la direction du sergent Keroro !! Ce magazine paraît depuis à peine fin Octobre 2007. Il y a de quoi rouler par terre, les yeux plein d'étoiles, lorsqu'on joue à l'otaku avec ce magazine dans les mains ^o^

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Bien sûr on y trouve Keroro dans Keroro gunsô tokubetsu kunren : Sengoku ran star dai battle !, ainsi que des informations en tout genre sur les goodies et sur le 3ème film, où l'on verra débarquer la troupe de Dark Keroro. Evidemment, il y a une adaptation en manga de l'anime Kidô senshi Gundam 00, déjà, plutôt joliment dessiné, et des strips Gundam chibi 00. Ce ne serait pas un magazine pour Keroro s'il n'y avait pas un jouet Gundam offert, avec également un poster des SD Gundam ! C'est vraiment du délire, et on plonge joyeusement dans ce petit monde. Sans oublier la montre Haro, elle aussi offerte dans un emballage renforcé XD

Autres prépublications de shônen : Petite Eva (des strips en trop à mon goût, tout comme the Iron maiden 2nd l'est...), .hack//LINK, MapleStory (ce que j'ai pu jouer à ce MMO !!), Takarajima Z barairu no shinjitsu, etc.

C'était un petit billet pour redonner signe de vie, j'espère pouvoir montrer bientôt des extraits du projet BD sur lequel je travaille en ce moment ! Ganbarimasu !!

février 13

Le manhua et la Chine

Pour découvrir le manhua, voici mes trois coups de coeur du moment :

  • Love fragments Shanghai / Chaiko, où les fragments de scènes cinématographiques suivent le pinceau informatisé (paru chez Xiao Pan)
  • My way / Ji Di, où la poésie est en peinture de rêve (paru chez Xiao Pan)
  • Silent rainbow / Rain, où la sensibilité de Rain nous touche par ses traits épurés (pas encore paru en France)

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Parenthèse transcription et prononciation : nous utilisons le pinyin pour transcrire le chinois avec nos caractères occidentaux, mais de la même manière qu'en transcription japonaise vous savez que les 'u' se prononcent "ou", en pinyin vous ne prononcerez pas "xiao" à l'anglaise "gzzzziao" (ou "ksiao" pour ceux qui prononcent les 'x' à la française). J'ai un souvenir très lointain de mes cours de chinois, il me semble que l'explication de mon prof se résumait à "avancez la machoire du bas pour mettre vos dents du dessus et du bas sur le même plan, serrez bien des dents et faites un léger shiiiiii". Bref, vous comprendrez peut-être mieux avec une table de correspondance, le chinois a trop de nuances de "sh" pour n'avoir que le 's' et le 'h' pour les désigner, mais en gros dites plutôt "siao" presque "shiao" pour Xiao Pan. Vous dites bien "Shaolan" pour le héros de Card captor Sakura et non "Ksiaoran", c'est simple ^_^

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Pour revenir à mes manhua du moment, je ne donne en quelques mots qu'une description du graphisme, parce que c'est ce qui me frappe le plus dans le manhua, mais on peut en déduire le style de narration : Chaiko fait presque du storyboard, à ceci près que les dessins sont magnifiques, Ji Di se rapproche plus de l'illustration de conte, quant à Rain il s'agit de portraits capturant les sentiments des personnages. Ces oeuvres me paraissent atypiques dans le paysage de la BD et elles ouvrent des voies d'expression à explorer.

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Pour aller plus loin, ou pour revenir aux origines, je vous recommande le dossier Histoire de la bande dessinée chinoise que vient de conclure Nico, voyez la table des matières :

  • Introduction
  • Les origines
  • Les lianhuanhua (1) - l'apparition de la BD dans la presse écrite
  • Les lianhuanhua (2) - le développement de l'avant-guerre à la libération
  • La BD selon le maoïsme (1) - la BD au service de la Révolution
  • La BD selon le maoïsme (2) - lianhuanhua et Révolution culturelle
  • La BD selon le maoïsme (3) - ouverture et renouveau
  • Le manhua (1) - à Hong-Kong
  • Le manhua (2) - à Taiwan
  • Le manhua (3) - en RP Chine
  • Conclusion

janvier 30

Son mot clé est Gundam

Lors d'un grand repas autour de tartiflettes, j'expliquais à un père de famille qu'il n'avait pas d'inquiétude à avoir lorsqu'il voit ses enfants regarder Keroro à la TV. Il décrivait une scène où, manifestement, le sergent était en cerf-volant et qu'il avait beau essayer d'être ouvert d'esprit il ne comprenait pas.

Huhuhuhu maintenant il n'y a plus de raison de dire : "Je ne sais pas ce qu'est ce personnage vert avec un bonnet bizarre à toile rouge". Pères de famille, lisez la description sur le bandeau Kana qui recouvre Keroro tome 6, ça vous épargnera une Rosalys qui délire sur les parodies d'Evangelion ^o^

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Je suis trop fan des mots clés attribués à Keroro :

  • Humour (^o^)
  • Déjanté (yesss)
  • Gundam (!!!!!)

Franchement, on ne pouvait pas faire mieux !!!!!!!!!!!!!!

(Ca faisait longtemps que je n'avais pas déliré un coup, ça ne fait jamais de mal ^o^)

janvier 25

Adorable Rain

Enorme coup de coeur pour une artiste aussi talentueuse qu'adorable : Ruan Yunting, dite Rain. Son trait d'auteur de manhua est fin et tout en délicatesse, ses illustrations aux couleurs épurées sont touchantes. Elle-même est très touchante, elle discute et s'intéresse à ses lecteurs avec une chaleur dans la voix, un parfait anglais et un sourire qui égaie sa frimousse jolie comme tout.

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Bref, une rencontre formidable, humainement, artistiquement, et on n'espère qu'une chose : se revoir à l'occasion de la sortie française d'une de ses oeuvres !! Ca se travaille, c'est en cours, en tout cas nous avions pu découvrir son film d'animation lors du festival d'animation d'Annecy 2007, et nous découvrons ses illustrations au pavillon de la Chine du festival BD d'Angoulême 2008.

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Un pavillon pour promouvoir la BD chinoise, un pavillon où les chinois mettent du coeur à l'ouvrage pour être ouverts au public et échanger culturellement, bref un beau lieu de rencontre international et convivial. Je plussoie cette initiative du festival BD d'Angoulême, qui aura sû éviter le plongeon dans les vieux clichés dans lesquels se sont engouffrées les RIDEP (rencontres du dessin de presse), où le thème de la Chine n'était qu'un foutage de gueule avec pétition pour les droits de l'homme en Chine. Est-ce que je vous parle des droits de l'homme des exploités par l'Etat français au XXIème siècle si je lance un thème pour promouvoir la France ?! Il est temps de s'intéresser au pays dans sa réalité actuelle et d'ouvrir sa sensibilité artistique sur sa culture.

janvier 9

Acclamons plus fort pour qu'Ayu nous entende

Ca fait tout drôle de voir dans une colonne de Libération un petit paragraphe sur Ayu "dure de la feuille". Je m'interroge sur l'intérêt d'un commentaire si concis, dans des termes pareils, dans ce journal-là. Est-ce qu'on ne retiendra que le fait qu'une star de jpop peut continuer sa carrière avec perte d'audition ? Que peut bien tirer de deux phrases le lecteur lambda de Libé ?

Toujours est-il que l'annonce de la surdité de l'oreille gauche sur la Team Ayu fait plus de bruit que lorsqu'on a appris les symptômes. En grande partie parce qu'Ayu se livre sincèrement sur son bilan auditif alors qu'elle l'avait caché durant toutes ces années effrénées. Elle continue ses concerts - de magnifiques spectacles artistiques - alors que depuis 2001 cela précipite sa perte d'audition. Ses concerts sont de plus en plus impressionnants par sa joie de vivre et la mise en scène grandiose. Alors, quand on la voit appuyer sur l'écouteur gauche en plein CountDown live, quand on entend quelques fausses notes, et quand on écoute les paroles de ses chansons toujours résolument positives, ça donne aussi envie d'aller au bout de ses rêves. Parce qu'elle continue d'exprimer ses sentiments et de se battre avec le sourire, ce qui est un vrai modèle de manière de vivre.

Asia tour 2007 - tour of Secret :

janvier 5

Winter fall

A l'écoute du nouveau single "Winter ballades" de Nami Tamaki, j'entends des paroles que je peux chanter. Réfléchissons, d'où viennent ces paroles ? Nami Tamaki nous interprète une balade avec douceur pour un titre qui dure ses 5'29"...

Tamaki Nami - Winter Fall - mytv7
Tamaki Nami - Winter Fall - mytv7

Mais bien sûr !! Revenons dans notre jeunesse, retrouvons le groupe l'Arc-en-ciel avec son ancien look ! Woaaah ce n'était pas aisé de se remémorer la chanson bien jpop de 4'28" dont on retient deux mélodies : celle du chant et celle de la guitare ! Nami Tamaki, en étirant la chanson en douceur et en ne reprenant que la mélodie du chant, m'a bien eu ! Et c'est là un petit bijou : la reprise par une chanteuse que j'adore d'un titre d'un groupe que j'adore !!!

janvier 3

reBIRTH in GUILTY

Pour le nouveau cycle qui débute en 2008, quoi de mieux que de commencer l'année avec le nouvel album d'Ayumi Hamasaki ? Sorti le 1er Janvier, ce neuvième album comprend une pure merveille tournée pour l'occasion à Hong Kong : je vous conseille vivement d'acheter la version avec DVD, vous y trouverez notamment le court-métrage "距愛 ~Distance Love~". Ce "short film" de 20 minutes regroupe en histoire les deux chansons "Glitter" très joyeuse pop et "Fated" poignante de tristesse. Ou encore, on peut y voir une histoire assistée par les chansons, dans laquelle Ayu joue joliment son rôle avec Shawn Yue.

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"Kyo ai ~Distance Love~" nous conte l'histoire d'Ayu qui, durant sa tournée en Asie, est sauvée par un de ses gardes du corps. Ses sentiments se troublent alors que leur relation de travail n'y est pas propice. Sortir incognito lui donne l'opportunité de passer des moments simples avec lui, jusqu'à lui offrir une de ses bagues. L'amour est bel et bien là, alors au-delà des conditions sociales, il faut vivre sa vie pleinement ! Après une grande interview, elle donne rendez-vous à son aimé et court le rejoindre en robe blanche. Mais elle ne retrouve que la bague qu'elle lui avait donné parmi les débris d'un accident de moto...

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En parcourant le livret, on y lit que cet album est dédié à une personne très chère, décédée en 2007. La question qui vient de suite à l'esprit est : ce court-métrage est-il autobiographique ? Pourquoi pas ? Tout est tourné au nom d'Ayu, elle ne semble pas y incarner un personnage, son logo est présent partout. Les protagonistes s'embrassent même devant des murs placardés des photos promotionnelles des albums Secret et A-Best2 White et Black, encrant la scène dans la réalité chronologique de la carrière d'Ayu. Oui je fais ma fan, le commun des mortels passera son chemin en rejetant la culture pop que véhicule Ayu. Pour moi, quand on est touché par les chansons qu'Ayu écrit elle-même, par les larmes qu'elle verse en chantant certains titres en concert, on se dit que ces paroles retranscrivent des émotions qu'elle vit à 100%. Il y a l'envie de savoir, mais rappelons-nous que lors d'une interview pour l'album Secret, elle nous dit : "What is private must stay private. (...) I have secrets, and you have secrets too." Et elle a bien raison. Bref, pour clore ces élucubrations, apprenons tout de même qu'il semblerait que cet album est dédié à une amie très proche d'Ayu depuis ses débuts, et non à un amoureux perdu ^_^

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Toujours est-il que c'est encore un vrai plaisir de retrouver Ayu, ses chansons pop respirant la joie de vivre, ses balades touchantes, et son rock encore à découvrir. Sans oublier ses clips qui nous plongent de suite dans des univers colorful ou sombres de marionnettes, ses ongles ornés de surprenantes décorations, et son sourire permanent.

décembre 20

Mobile Suit Gundam OO : faire la guerre contre la guerre

Après l'euphorie générée par Mobile Suit Gundam Seed, les DVD de MS Seed Destiny sortant toujours à un bon rythme chez Beez, la lecture des mangas de MS Gundam the Origin étant plaisante, c'est fantastique de découvrir depuis Octobre la nouvelle série animée MS Gundam OO (double O) ! Le trailer mettait l'eau à la bouche depuis Juin, la découverte du staff également (Seiji Mizushima pour la réalisation, L'arc-en-ciel pour le générique de début, ...). Après 11 épisodes, que penser de cette série ?

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Le premier épisode était époustouflant : le mecha design est magnifique pour quatre Gundams sur-puissants propulsés à la lumière, l'animation est incroyablement fluide pour une série TV, on en prend plein la vue et les directions anti-guerre sont déjà introduites. Il ne reste plus qu'à apprendre à connaître les différents acteurs politiques et l'équipage du "Celestial Being" pour s'attacher à un univers particulièrement proche du nôtre.

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Mais même en n'étant qu'en 2037 de notre ère, parmi des puissances mondiales assimilées à notre actualité politique, on ne se laisse pas facilement immerger par les enjeux de la série. Les premiers épisodes sont hâchés par des discours creux de chaque parti, les pilotes - les Gundam Meisters - font les poseurs qui ne savent dire que leurs noms, les femmes dirigeant les missions "divines" des Gundams partent à la plage, des civils vivent une romance assez détachée du reste de l'histoire, etc. Le fanservice est là, malheureusement l'histoire n'accroche pas.

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Et tout à coup, les choses se précipitent : Setsuna F.Seiei, apparemment le héros, se décide à dire plus d'une phrase et révèle sa véritable identité à une inconnue, qui se trouve être une princesse au coeur d'une manigance politique; les Gundam Meisters se détestent entre eux, certains ont été victimes de tests de laboratoire, d'autres deviennent fous; le capitaine du vaisseau du Celestial Being est tourmenté et ne fait que pleurer, etc. Au final, les Gundams, qui dépassaient toute technologie mondiale, sont d'un coup d'une faiblesse affolante, il n'y a d'ailleurs que la folie des pilotes pour sauver la situation en déclenchant un mode tuerie.

Bref, une série qui avait tout pour plaire au niveau technique et esthétique, malheureusement il n'y a pas de quoi s'attacher aux personnages et le fond n'est pas traité avec profondeur. Peut-être la série décollera-t-elle - enfin - par la suite ?

octobre 25

Keroro envahit mon univers

Allez, ça faisait longtemps que je n'avais pas fait un trip, une fois de temps en temps il faut se lâcher =P Donc ! La pokopen que je suis est envahie par le sergent Keroro et ses amis !!! Ca commence par la vitrine... IMGP2096.jpg

Ca continue sur l'armoire à fusibles... IMGP2097.jpg

Le mur ! IMGP2098.jpg

Sur Lumière (mon Mac)... IMGP2099.jpg

Sur la bibliothèque... IMGP2101.jpg

Sur le bureau... IMGP2102.jpg

Même mon lit !! IMGP2103.jpg

Et partout avec moi avec mes clés... IMGP2104.jpg

Gero gero gero gero ^o^

octobre 6

Le jôsei manga : le corps et le coeur de la femme

Après avoir vécu avec N personnages aux yeux plein d'étoiles des histoires d'amour lycéennes touchantes à souhait (shôjo manga que j'ai toujours adoré), après avoir sauvé le monde via N techniques de combats ou N mechas avec l'esprit de sacrifice qui donne une grandeur d'âme (shônen manga qui m'ont toujours passionné), profitons de la variété éditoriale des mangas pour chercher autre chose. Notamment, on dispose d'exemples de quotidiens, de "portraits de jeunesse japonaise", ou plus largement d'exemples de femmes contemporaines en civilisation industrialisée. Merci le jôsei manga.

L'univers du jôsei manga, parmi l'éventail d'oeuvres proposées chez nos éditeurs français (Sakka, Asuka, Akata, ...), est surtout composé de femmes sur lesquelles pèse le poids d'une relation amoureuse bancalement trop longue, ou de femmes libérées et libertines qui couchent sans voir d'importance particulière dans le corps où elles habitent, ou surtout de filles dans le monde du travail qui deviennent femmes dans leur corps et leur âme en faisant enfin école de la vie. Etre femme n'est pas forcément fusionner avec un homme qui complète le couple de ce que la femme n'a pas acquis durant son adolescence, être femme c'est aussi s'assumer en tant qu'individu et être soi-même complètement. Parmi ces oeuvres, voici mes coups de coeur de l'été-automne !

+++ Body & soul / Erica Sakurazawa + Takumi Terakado body_soul.jpg

Miku en a assez de son compagnon et de son quotidien monotonement ingrat. Mais quitter son homme reviendrait à devoir déménager : ce que c'est embêtant !! Mieux vaut donc supporter et attendre que le temps passe. La nature fait bien les choses : son corps lui envoie des signaux pour l'alerter que continuer ne lui convient pas, elle subit alors migraines et dérèglement menstruel. La vie fait également bien les choses : elle rencontre un chiropraticien qui s'inquiète de sa "carcasse", puisque tel est devenu le corps qu'elle n'écoute pas. Nous suivons alors cette désespérante héroïne, qui ne désire qu'être aimée et rassurée, dans son évolution, tirée hors de l'eau par cet énigmatique docteur au style de vie liant médecine et spiritualité.

Miku évolue sur le plan de sa prise de responsabilité, en décidant de quitter l'homme qui ne respecte pas son corps, en faisant face à son licenciement, ... Elle évolue sur le plan corporel, en apprenant à comprendre son corps et le lien entre son bien-être moral et son bien-être physique. Mais surtout, Miku évolue sur l'attention portée envers elle-même, car en répétant les mêmes schémas amoureux erronés et en mutilant à nouveau son corps, son chiropraticien lui déclare que l'essentiel est qu'elle doit enfin prendre soin d'elle-même, en tant qu'humaine.

2 tomes pour un manga structuré de manière pédagogique : le Dr. Takumi Terakado, acunpuncteur osthéopathe, ouvre chaque chapitre par un texte sur différentes méthodes de médecine douce, puis Erica Sakurazawa romance le propos tout en faisant avancer son histoire. Le message au service de l'histoire, l'histoire au service du message. La collaboration est très intéressante et permet à ceux qui s'intéressent à l'écoute de son corps de trouver une belle illustration, et aux autres de s'ouvrir au concept.

+++ Sukunahikona / Q-ta Minami
(Melle Ôishi, 28 ans, célibataire - Melle Ôishi, 29 ans, célibataire - Melle Ôishi 32 ans, célibataire - Melle Ôishi 32 ans, mariée) sukunahikona_melle_oishi.jpg

Henmi incite Kon à se mettre en ménage et à quitter son travail pour devenir sa femme, mais il perd son travail. C'est alors Kon - Melle Ôishi - qui maintient la survie du couple où l'homme profite d'être entretenu, s'endette, ... Le cadre du couple bancal est posé, combien de temps Kon va-t-elle subit cette situation, va-t-elle au moins chercher à en changer ou l'accepter en l'état jusqu'à ce que l'ultime accomplissement via le mariage se fasse ?

Non seulement on traverse avec Kon sa prise de conscience et sa démarche pour vivre sans Henmi, mais on survole également la découverte de son talent dans un métier créatif qui lui convient bien, ses différents liens d'amitié, ainsi que les relations de son entourage. On explore alors des thèmes importants et proches de notre quotidien : dépression, possessivité, bestialité, ... Tout cela avec à la fois la simplicité et l'adversité de Kon.

4 tomes avec la narration fluide et le style épuré de Q-ta Minami, à l'image de la légèreté avec laquelle on traverse 4 ans de vie de femme dans une vie d'adulte en place. Légèreté qui donne un aspect distrayant à une histoire qui peut tout autant avoir sa profondeur dans de multiples domaines si le lecteur a l'envie de creuser. Voilà toute la force de cette oeuvre.

+++ Complément affectif / Mari Okazaki Complement_affectif_4.jpg

J'avais consacré un billet à cette oeuvre qui, dans le paysage du jôsei manga, flamboie par la beauté du style de Mari Okazaki. Avec elle, la pertinence du message et la sensualité des propos ne sont pas prétextes à simplifier un trait qui n'y perd rien en efficacité.

Egalement disponibles :

++ Vague à l'âme / Mari Okazaki
++ 12 mois / Mari Okazaki
+ Le cocon / Mari Okazaki
+ Après l'amour, la sueur des garçons a l'odeur du miel / Mari Okazaki
+ Shibuya love hotel / Mari Okazaki
+ Angel / Erica Sakurazawa
= Angel Nest / Erica Sakurazawa
= Pink / Kyôko Okazaki
= In the Clothes Named Fat / Moyoco Anno
= Everyday / Kiriko Nananan
- Adieu Midori/ Q-ta Minami
- Jeux d'enfant / Q-ta Minami
- Dernier soupir/ Mari Okazaki
-- Plaire à tout prix / Moyoco Anno

La suite de mes explorations sur mon billet permanent ^_^

J'ai encore de beaucoup d'exploration à faire dans l'univers du jôsei manga, je vous invite à explorer également !

septembre 26

Social blogging + Ai Otsuka

Un petit billet pour promouvoir différents travaux qui méritent un regard et saluer les coupines ^o^

  • Alors pour commencer, félicitations à Carole pour sa prochaine BD Ichor à découvrir dans le magazine MangaKids+. J'en profite pour montrer un de ses magnifiques dessins particulièrement lumineux et rose ^o^

Carole

  • Découvrez la fin du concert des Shuudan'stars de Japan expo 2007 sur cette vidéo de José. Partagez ce moment avec vos amis, espérons qu'un DVD sortira ! (heureusement qu'on m'a fait enlever mes oreilles de lapin, l'ombre qui ne se gène pas pour applaudir les bras levés, c'est moi XD) (oui sur le générique de Hikaru no go j'étais à fond dedans !!)
  • Félicitations à Meo pour la prochaine parution de la BD Lolita jungle chez Soleil. Ca me fait trop plaisir pour toi Sorya !!
  • Si vous êtes ouverts à la spiritualité et sensibles à ce qui se passe sur notre planète, mon amie Alexandréa vient d'ouvrir son blog d'expression.
  • Pour finir, j'aurais bien consacré un billet sur elle, mais à défaut j'ai vraiment envie de dire que l'automne est Ai ^o^ Vous la connaissez peut-être pour sa chanson "Planetarium" dans le drama de Hana yori dango (oui la maaaagnifique chanson douce et émouvante) ou encore pour "Sakuranbo" : Ai Otsuka !! J'ai passé tout l'été à écouter son album "Ai am best", elle est tellement enjouée et positive que c'est une vraie rose ! Donc, voici une pink song - "Kingyo hanabi" - que j'aime particulièrement !

août 30

Amélie-san, la plus charmante pluie japonaise

Il faut croire que je semais les graines de mes fleurs préférées en créant mes premiers sites web, aujourd'hui je revois mon site datant lui aussi de 1999 sur Amélie Nothomb suite à l'émoi qu'a suscité la lecture de son dernier roman : Ni d'Eve ni d'Adam. La rentrée littéraire 2007 est fantastique !!

Nous avions eu sa petite enfance au Japon avec sa gouvernante Nishio-san dans Métaphysique des tubes, nous avions eu sa carrière de salary woman avec sa collègue Fubuki dans Stupeur et tremblements, et nous avons cette année son amour pour le pays du soleil levant avec son fiancé Rinri.

Ni d'Eve ni d'Adam

La toute jeune Amélie-san décide de vivre dans le pays de son coeur : le Japon. Elle vit alors l'épanouissement estudiantin dans l'ivresse des montagnes ornant en grande partie ce pays, amie avec la grandeur et l'accueil patriotique du Mont Fuji, dans la jubilation de la cuisine japonaise, etc. C'est un plaisir de suivre son bonheur asiatique, dans sa fantaisie si caractéristique et ses pures intensités d'émotion. Il y a aussi sa relation avec un étudiant japonais - cet échange linguistique, cette curiosité mutuelle pour la culture de l'autre - qui vient parsemer le tableau de touches de société japonaise. Mais avant tout, on boit son envie de Japon, on contemple son image du Japon, et l'on dévore ses découvertes du Japon en étant heureux du festin offert.

La grande paix de ce magnifique tableau sur 200 pages nous amène à 50 dernières pages d'une densité de pertinence folle. La première lecture de celui qui ne comprend pas reflètera une impression de fuite aussi lâche que stupide. Carcan social international. La lecture de l'autre lui fera réaliser que l'attitude fluide d'Amélie-san est envol, il est au contraire courageux de privilégier la liberté et se donner l'opportunité de s'accomplir et de donner un sens à sa vie !!! Bref, la toute jeune Amélie-san, augmentée de la pluralité des Amélie du Japon, décide de Vivre.

Ce qu'il y a de fort, avec un récit autobiographique, c'est que l'auteur nous offre son expérience. Il est important d'avoir des modèles pour avancer; d'une certaine manière, pour des domaines précis et variés, nous avons tous des modèles. Avec Ni d'Eve ni d'Adam, Amélie-san peut être un modèle dans des domaines, c'est en soi un superbe cadeau.

Gravez en vous-même cette phrase sublime et souvenez-vous-en lorsque vous vous enfermez dans vos multiples coquilles : "Le seul déshonneur c'est de ne pas être libre."

août 23

KareKano, le monde merveilleux d'un kareshi et d'une kanojo

Dire qu'un de mes premiers sites web de fan créé en 1999 est Wonderland KareKano, j'étais complètement séduite en ayant à peine vu 10 épisodes de la série animée par Gainax et en ayant lu 5 tomes du manga de Masami Tsuda. Aujourd'hui, ça me fait tout drôle de lire l'avant-dernier tome, le n°20, publié par Tonkam.

KareKano20

Kareshi kanojo no jijô, en bref KareKano : Situation quand on est petit ami et petite amie, en bref Elle et lui, c'est d'abord le coup d'éclat de deux élèves brillamment modèles selon les critères activistes qui décident d'apprendre à s'aimer eux-mêmes tels qu'ils sont, et non tels que la société voudrait qu'ils soient. Comment passer de l'excès dans le moule social à l'authenticité ? Rien de mieux que de changer avec un guide qui évolue dans le même sens à côté de soi : Sôichirô et Yukino commencent à briser la coquille des apparences ensemble, forts d'être un modèle pour l'autre et d'avoir l'autre pour modèle de développement personnel.

Et l'histoire se développe, l'univers s'étend, et l'on sort de plus en plus du monde sucré du lycée pour découvrir ce qui fonde aussi l'adulte en devenir. Alors que Yukino se découvre une passion autre que les études dans le théâtre, partage des moments avec des amies et non des admiratrices, et se détache de plus en plus du regard des autres, Sôichirô affronte les démons que sont son passé et les membres destructeurs de sa famille. Chacun cherche son équilibre et le chemin vers lequel il va, seuls et ensemble ils traversent les dernières années scolaires, étapes déterminantes pour le puzzle de leurs priorités de vie.

A mesure que le trait de Tsuda se simplifie et décrit des personnages plus matures, les tourments cessent et l'on arrive à la fin du manga, début de vie d'individu et de couple de nos kareshi et kanojo. Vivement Octobre 2007 pour le final d'un manga qui a sû être profond et simple à la fois !

juillet 19

Complément affectif / Mari Okazaki @ Akata

Parce que les arêtes de la vie sont parfois si tranchantes
Parce qu'il faut trop souvent choisir entre le travail et l'amour
Parce que dans ce monde glacial, il est si difficile de trouver une épaule sur laquelle s'abandonner...

Toutes les femmes ont besoin de Complément affectif !

Complément affectif

Oui j'ai détourné le texte légèrement en remplaçant "fille" par "femme", car ainsi ce texte me paraît particulièrement criant de vérité. Alors, parlons vraiment de cet intense manga, collection Jôhin chez Akata : Complément affectif (Suppli) de Mari Okazaki.

Si une femme de 40 ans est travailleuse mais surtout encore célibataire, pensez-vous que c'est "une pauvre fille", allez-vous vous en moquer "comme tout le monde" ? Que savez-vous de ce qui constitue vraiment le sens de sa vie, et d'ailleurs le seul critère d'accomplissement d'une femme n'est-il réellement que dans le mariage avant 25 ans ? Cette coquille imposée avec lourdeur par la société , même moderne, encore très actuellement, est brisée dès les premières pages par Mari Okazaki, plus précisément par son héroïne qui se voit de l'extérieur avec un regard triste mais lucide : 7 ans de vie par habitude avec un homme qui n'exprime ni goûts ni envies, si cette absence de partage finit par les peser, autant de séparer et se chercher soi-même. Commence alors la longue quête de l'accomplissement de soi, en tant que célibataire, en tant que femme, en tant que femme au travail, en tant qu'humaine. A partir de ce point de vue libéré des clichés sociaux, on observe ces portraits de femmes combatives qui cherchent sincèrement à faire quelque chose porteur de sens dans leur vie.

Si l'on ne prend que le cas de Minami Fujii, l'héroïne, cela permet de partir d'une vision naïvement romantique et de suivre un cheminement vers une vérité plus mature. Fujii est d'abord un personnage dont la maladresse dans les relations humaines la réduit à ruminer et attendre après des mails plutôt que de communiquer directement. Elle a alors en elle une fragilité que l'on aurait envie d'enrober de protection masculine pour la consoler, c'est ce qui semble être le meilleur moyen de sauver un être à la fois pur et tourmenté. Ce serait oublier l'essence de la personne, ce pourquoi Fujii se lève chaque jour : créer une publicité qui toucherait profondément au moins une personne. Cette femme, qui redécouvre la vie avec d'autres personnes qu'une exclusive, se lance alors avec encore plus de force sur son chemin. Et alors, sa vie prend une autre couleur : il y a ce qu'elle veut vraiment faire, et il y a l'environnement qu'elle chérit et qui la nourrit en retour. Il ne s'agit plus du coeur brisé d'une fille qui n'a d'autres repères que l'entreprise, il s'agit de l'avancement d'une femme qui voit les gens par leurs démarches sincères et qui tente elle aussi de continuer à être franche avec elle-même.

4 volumes parus en France à ce jour, le tout avec le style précis et sensible de Mari Okazaki, sensuel et subtil à la fois. Elle décrit des situations tellement réalistes qu'on ne peut que vibrer et comprendre les sentiments et réflexions des personnages, en se disant que l'auteur ne peut qu'avoir vécu certaines choses elle aussi à son passage en agence de communication. La femme, l'efficacité de la femme, la perfection de la femme, les exigences, etc., peuvent finalement être ramené à chaque personne : quel est le sens de votre vie, votre moule social vous convient-il, avez-vous finalement le soutien dont vous avez besoin ou ne vivez-vous que pour être soutenu ? Chacun peut avoir sa lecture de ce manga, mais surtout ce qui compte, c'est comprendre et se mettre du point de vue décrit, alors peut-être aurez-vous besoin dans votre bibliothèque personnelle de Complément affectif !

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