L'an dernier, j'écrivais un billet coup de coeur des films sortis à cette même période. Le printemps doit être propice aux bonnes sorties ^_^ Petit retour sur ce qui se passe sur grand écran :
Sagan / Diane Kurys

Ciné-biographie de l'étonnante écrivain Françoise Sagan, ce film assèche le coeur. Ce n'est en rien péjoratif, au contraire, l'immersion se fait à tel point que l'on suit en apnée la vie de cette artiste trop libre, devenue célèbre trop jeune, humaine trop attachée à la non-solitude. Il se passe tant de choses depuis que son premier roman Bonjour tristesse s'est vendu à outrance, et depuis on espère que son auteur trouve un apaisement. Mais son chemin est toujours dans l'excès, comme s'il avait trop manqué de repères au début du voyage pour qu'elle accepte de suivre des guides par la suite. Une sensation de gâchis prend de plus en plus d'espace. Car elle pourrait se gâcher la santé, la famille, les amis, les finances, si elle en vivait heureuse...
Sylvie Testud joue incroyablement bien son personnage d'écrivain qui vit et qui est pourtant en mal de vivre. Elle résume très bien l'intérêt de voir ce film : "Je voudrais qu'ils (les spectateurs) réfléchissent à leur propre existence, qu'ils respirent un grand coup et qu'ils se disent : Vivons !"
Seuls two / Eric & Ramzy

Si vous aimez l'univers d'Eric et Ramzy, vous serez servis, car ce film est leur monde pur jus. Scénarisé, vu et joué par eux-mêmes. Egalement promus par eux dans une large tournée d'avant-premières en leur présence. On retrouve donc avec authenticité leur humour où un policier poursuit avec zèle un cambrioleur fou du volant. (Je pense sans arrêt à la rat-board quand Ramzy roule en frimant dans sa voiture de course ^o^)
Tout à fait eux, avec en plus une touche de profondeur : "Quand on se retrouve seul, on se rend compte que les gens nous manquent. Mais quand on est au milieu des gens, on ne les voit pas." Le policier et le cambrioleur se retrouvent seuls lorsqu'ils sont en froid, et à nouveau parmi le monde lorsqu'ils s'entendent chaleureusement : ce pitch de départ permet ainsi de rire et de voir les bienfaits des liens d'amitié.
Sex & the city / Michael Patrick King

Le mariage est-il l'ultime solution pour qu'un lien amoureux résiste dans la durée ? C'est avec ce point de vue que Carrie et Mr Big vont enfin se marier, pensant compenser la peur par une signature. Est-ce ainsi qu'on peut modeler un amour conditionnel en amour durable ? Notre écrivain new-yorkaise préférée se pose ses questions de femme, qui veut vivre en couple, mais aussi continuer de briller en société. Ce film est fabuleusement bien écrit et ne paraît pas être un condensé de saison de série TV.
C'est avec le ton habituel de la série, avec décontraction et justesse, que quatre chemins de vie de femme sont parcourus en se croisant et se soutenant de manière touchante. J'aime beaucoup ce qui se dégage de l'aboutissement de chacune d'elles, car leur choix de vie leur correspond bien et c'est ce qu'il est important de garder à l'esprit : il n'y a pas qu'un seul modèle de vie, mais plusieurs qui conduisent au bonheur personnel de chacun.
Iron man / Jon Favreau

Un super héros qui se révèle une fois adulte, avec des questionnements encrés dans une réalité plus mature, et en plus joué par Mr Ally Mc Beal... Il n'y a que du bon !! Iron man est enfin le héros qui n'a pas seulement des capacités et de bons sentiments : il a aussi une réflexion qui s'approfondit au fur et à mesure du film. C'est donc très intéressant de voir progresser le personnage dans ses convictions et ses actes, en plus des effets spéciaux et du charme de Robert Downey Jr.
Whatever Lola wants / Nabil Ayouch

Vivre de la danse est un rêve difficile à réaliser là où la concurrence est rude et les jugements intransigeants. Mais Lola ne vit que pour s'exprimer par sa danse. En poursuivant un amour impossible des Etats-Unis jusqu'en Egypte, Lola aura suivi ses sentiments jusqu'au bout... Et c'est ici que la danse la fait revivre : elle s'entraîne avec acharnement en danse orientale, notamment auprès de son rêve vivant, l'ex-danseuse Ismahan.
Ce film pourrait paraître banal et naïf tel un conte de fée, mais c'est un plaisir de suivre la persévérence de l'héroïne sur un chemin semé de nombreuses embûches. Ce qui est intéressant, c'est de voir que les mésaventures, pourtant nombreuses, n'ébranlent en rien le ton positif et constructif du film. On en ressort avec le même regard de Lola : résolument optimiste. Il faut croire en ses rêves !!
Au passage, je vous invite à découvrir une amie talentueuse qui se réalise dans la danse orientale : Mihrimah Ghaziya. La fiction ne fait que s'inspirer de la réalité ^_^
Chasseurs de dragons / Arthur Qwak & Guillaume Ivernel

Ce film d'animation est bluffant en tout point. La série animée ne m'avait pas tant marqué, pourtant il s'agit toujours de cet univers constitué de multitudes de terres en suspension, couvertes de dragons et de villageois arnaqueurs. Pour le film, le travail scénaristique et d'adaptation 3D sont particulièrement réussis. C'est touchant, drôle, et magnifique par un chara-design efficace et une animation superbe. Une pure réussite !











L'intérêt de ce documentaire est justement qu'il est rendu intéressant. Tout le film est enchaînement de séquences de témoignages s'entremêlants dans un ordre chronologique et détaillé, superposition d'images d'archives sur la voix des protagonistes et jamais sur une voix off qui en ferait un récit. Cette "mise en scène" accentue le ressenti de l'engagement de chaque personne, en particulier le sujet principal, Jacques Vergès, cet avocat de terroristes. L'impact de ses paroles, si authentiques qu'il en serait presque sympathique, et sa manière d'être, méprisant le mépris de manière extrême, est plus fort. Si bien que tous les propos donnent matière à réflexion.
Ce dialogue entre un parisien artiste-peintre et son jardinier de la campagne n'amène pas une ouverture à l'art, mais au contraire à l'éloge d'un regard simple sur la vie. Prenez-le d'abord pour une sympathique histoire d'amitié innocente, et finalement lassez-vous de cet hymne à l'insouciance sans aucune flamme rêveuse et positive. Oui, c'est un bonheur certain d'avoir une routine de vie cyclique et de se vouer à travailler la terre, mais non ce n'est pas "con" d'avoir un imaginaire et de vouloir en augmenter le monde, ce qui est con est de refuser de divorcer et parler d'amour sans sentiments, ce qui est con est de ne savoir que dire qu'une toile est "bien" pour faire plaisir à l'auteur mais sans vouloir se donner la peine de comprendre et ressentir pourquoi. Je retranscris à peu près deux extraits de conversation qui sont, pour moi, très représentatifs de l'esprit paresseux, casanier, voire dédaigneux du film :
Quand une dessinatrice de BD se met à la réalisation pour vous compter son histoire, c'est avec grande curiosité qu'on découvre l'aboutissement de sa démarche. Et Marjane Satrapi le fait avec brio ! Le style graphique se prête bien à l'histoire : le design permet bien de différencier l'origine des personnes, la simplicité des traits exprime efficacement ce que le visage humain dégage, les décors épurés accompagnent bien l'ambiance urbaine, le climat de guerre ainsi que les réflexions intérieures. Et quelle histoire !! Je ne peux que vous renvoyer vers cette chronique (j'éditerais ce post pour indiquer le lien ^^) pour de plus amples détails sur cette réalisation réussie, cet humour qui a rythmé ce film malgré sa forte teneur, etc. Je vous conseille de vous jeter sur ce film, à sa sortie dans un mois, ne serait-ce que pour son fil directeur, la valeur qui pour moi a été clairement et profondément véhiculée via ce récit, cette narration bien ficelée, ces dialogues forts : l'Intégrité. Vivre sa vie en étant intègre avec soi-même, en suivant ses convictions dans ses gestes tous les jours, et le faire résolument libre car on a toujours le choix !
"La vie des autres", ou l'ouverture d'un coeur rigide par idéologie à la sensibilité d'artistes, ou l'accomplissement d'un artiste par l'écriture d'un article par conviction, où la composition d'une musique ("Sonate pour l'homme bon") détermine que le coeur de celui qui l'écoute vraiment ne peut être mauvais, ... Je pourrais m'arrêter là avec si peu de mots pour décrire tant d'émotions, tellement je ressors essouflée. Bouleversée qu'il existe des oeuvres capables d'émouvoir autant, d'exprimer à ce point l'essence de l'humanité. Et d'ailleurs, je m'arrête là, vraiment VRAIMENT Florian Henckel von Donnersmarck a accompli un travail admirable...
Que ressentiriez-vous si votre couple va mal, si ensuite votre compagne meurt subitement, si son entourage attend que vous vous releviez dans la normalité en se montrant intrusif et juge, si vous êtes perdus dans vos sentiments ? La meilleure façon de le dire est de le chanter. Alors, les mots sont mieux compris et ressentis. C'est ainsi que l'on suit le désespoir et la reconstruction du héros, structurés en plusieurs parties de film et en évitant la lourdeur de dialogues comme dans Les contes de Terremer (voir ci-dessous).
Une animation intéressante, un graphisme peu commun, des personnages charismatiques et extrêmes dans une sorte de Tôkyô qui a mal tourné dans son modernisme, son décor euphorique d'attraction et de consommation qui est en décalage avec la violence des bandes pour garder ses territoires urbains. Blanc et noir sont des enfants à la fois caractériellement opposés et paranormalement liés. Le tout est de savoir si l'on cède au pouvoir et envie de destruction que l'on a ou si l'on tente de croire en la vie. Ou de croire en Blanc. A vous d'analyser par vous même...
Ne regardons pas ce film comme sorti des studio Ghibli, mais comme le premier essai d'un réalisateur puisant son inspiration dans l'univers du studio. Parce que ce film semble dater, l'animation n'est surprenamment pas si bonne, et surtout l'histoire n'est pas contée avec poésie mais avec lourdeur. Faire passer un message par un dialogue sans contexte qui s'y prête, avec des phrases crues suivies d'une musique en explosion et d'un décor exagéré de coucher de soleil qui apparaît, c'est tenter de communiquer maladroitement par matraquage. Si encore ces messages étaient d'une pertinence touchante, mais non ! D'après l'héroïne, un être obtiendrait son éternité « en faisant des enfants », non mais NON !!! Il aura été décevant de survivre à la lenteur initiale du film, la gratuité des dernières scènes de monstruosité, pour de tels messages... Le fils du Miyazaki que l'on connaît ne sera pas la relève attendue pour le studio Ghibli.
On va voir cette autre adaptation de la série de notre enfance pour se divertir, et on a la bonne surprise d'avoir en plus une animation de qualité, un chara design soigné, et un aspect psychologique des personnages qu'on n'attendrait franchement pas pour nos tortues transgéniques ! Il ne s'agit pas des aventures d'un groupe de ninjas déjà consolidé contre un gros méchant parmi tant d'autres. On suit individuellement les tortues à la recherche de leur propre raison d'être et de se battre, les amenant à comprendre la force de leur union. Une bonne surprise qui amène bien sûr l'amusement attendu ^^
Tout le film est un conte de magie : l'enfance qui croit en la magie peut voir un monde verdoyant de fantaisie. On respire à plein poumons de l'air positif avec les deux héros qui se découvrent, eux qui vivent leur originalité dans une vie quotidienne et scolaire peu agréables. Car il suffit de garder l'esprit ouvert pour être heureux. Et au beau milieu de la verte prairie qu'est ce film, le scénario tourne à la catastrophe, comme si tout à coup il avait été imposé de ne pas délivrer de rêve, alors l'histoire vire à la destruction de la magie qui avait été si bien posée et cela au profit d'une morale abominablement conforme à la vieille société. Quel dommage...





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