Le 24 Décembre, des familles, voire même des petits frères seuls, veulent voir un film de Noël au cinéma. Je trouvais trois enfants vraiment touchants : ils étaient solidaires et faisaient tout pour bien se tenir. Patience, nous sommes en avance, subissons les bande-annonces, puis la magie du film fera effet. C'est dans ce contexte que l'on a enchaîné les bande-annonces et publicités les plus douteuses, ce qu'une maman dans la salle décrira comme : "du viol, du sexe et de la violence, c'est limite pour nos enfants !". "Limite" est un qualificatif bien tolérant ici, car ces trois adorables enfants qui ont fait la démarche de venir voir du rêve se sont pris en pleine face deux fois de suite les cinq couples en plein préliminaires pour la publicité contre le Sida.
Oui, deux fois, parce qu'il se trouve que les bande-annonces "adultes" que nous avions eu étaient ceux de "La femme de mes rêves", mais celles de "Il était une fois" n'étaient pas plus tout public que les précédentes. C'est pourtant dans une des salles qui accueille le festival d'animation d'Annecy que cela s'est passé, dans une salle de Décavision qui ose pratiquer des prix exorbitants, allant même jusqu'à faire payer un supplément pour les films jugés "longs" ! Les enfants ont été d'une patience bien généreuse, heureusement que ce "grand public" était vraiment très "bon public".
Il y a de quoi se questionner sur la manière de nourrir des enfants avec des images que même un adulte ne supporte que parce que le monde réel est cruel. Là où fleurit les films d'animation, j'aurais aimé revoir cet hommage à l'animation des années 40 de Disney qu'est "Il était une fois", éventuellement voir de la parodie en film d'animation via "Bee movie". L'irrespect incite à se poser des questions : faut-il consommer et faire vivre des lieux où la culture est financièrement peu accessible à tous et où il n'y a aucun travail préalable pour le public ? Faut-il donner un fort pourboire à un service exécrable parce qu'on est dans une ville où il faut donner sans mérite ? La ville d'Annecy me laisse perplexe... En tout cas, je dis chapeau aux enfants qui ont cassé leur tirelire pour aller au cinéma si jeunes, et pour avoir sû aller au-delà des erreurs des personnes sans professionnalisme.












