J’ai beau partager mes travaux autant que possible, en réalité je suis très timide et impressionnable. Choisir un métier qui exige un retrait artistique ne signifie pas qu’on aime être sous les feux des projecteurs, au contraire c’est assez pétrifiant ^o^ Aussi, lorsqu’on m’a gentiment proposé de dédicacer à Japan expo Sud, j’ai d’abord été paniquée car… je ne connaissais pas les Marseillais ! C’est donc dans une optique de découverte créative et constructive que j’ai visité incognito ce festival ^_^
Consciente que des artistes japonais puissent ne pas être à l’aise avec les médias et le public étranger, de la même manière que je l’étais avec simplement les Marseillais (pardon pour cette fois-ci, mais ça y est, j’ai appris à vous connaître de près grâce à Sonia Rykiel ^o^), j’ai axé ma visite sur les rencontres internationales. Même si je n’en parlerai pas en profondeur, j’ai apprécié :
- L’ambiance des loisirs asiatiques, avec notamment beaucoup de magnifiques cosplays (ma Sheryl adorée, ma SailorSaturn !!)
- De fabuleux artistes en dédicace et en performance (voir Benjamin dessiner sous Painter est un bonheur !)
- De sympathiques rencontres avec des acteurs du milieu culturel (doubler Kuromi est une expérience rigolotte !)
- Des concerts adorables (les Jelly Beans habillées en lolita, il n’y a pas plus kawaii !)
- Et aussi, comme je le disais, des artistes d’exception tout droit venus du Japon ^_^ Focus sur :
Satoshi Urushihara, un illustrateur-explorateur, qui nous offre un retour sur ses illustrations majeures, le tout abondamment commenté.
La légende de Lemnear est un des premiers anime que j’ai vu en VHS lorsque j’étais petite, et si je me souviens peu de l’histoire, je me souviens parfaitement du graphisme. Car une des marques de fabrique de Satoshi Urushihara est la quantité de détails qu’il apporte à ses illustrations. Ses travaux sont donc un bonheur dans le monde du jeu vidéo, un cauchemar dans celui de l’animation, et un casse-tête dans celui du manga. En effet, si l’illustrateur peut s’adonner à aller aussi loin que la technique du cellulo le lui permet pour des jaquettes de jeu vidéo, l’animation exige qu’il retire des détails, et quel grand écart il doit faire lorsqu’on lui demande d’en ajouter pour adapter Lemnear en manga ! Très franc sur la difficulté du changement de media après des années de pratique, il explique combien il est dur de passer de l’animation qui montre du mouvement au manga qui, lui, doit donner l’impression de mouvement, et combien le rapport à la couleur change avec le passage au noir et blanc.
Car le souci du détail n’est pas la seule obsession de cet illustrateur : la mise en couleurs est pour lui un lieu d’exploration perpétuel. Il parle de l’arrivée de la colorisation numérique il y a 15 ans en mettant l’accent sur cette explosion de possibilités que les 5 années qui suivirent ont vu apparaître. Lui-même s’étant mis au digital art, il s’attache à chercher un style qui lui serait propre autant que l’est sa manière de mixer l’airbrush et le cellulo. Mais cette recherche personnelle n’entre pas forcément en cohérence avec la réalité du marché et ses clients qui demandent un coût de création toujours moins élevé… (amis illustrateurs de tous horizons, vous compatissez vous aussi, j’en suis sûre)
Enfin on ne peut passer à côté des émotions exprimées par les personnages de Satoshi Urushihara. Il est capable de décrire l’inquiétude sur un simple portrait, en travaillant énormément sur le regard du personnage. Il raconte qu’il a également beaucoup travaillé le réalisme de l’expression pour dessiner un personnage aux bords des larmes. Une de ses couvertures, comportant un personnage en pleurs, lui vaudra d’ailleurs le surnom d’Urushi le pleurnicheur ^_^ L’artiste rencontre une dernière fois son public français le lendemain, en réalisant une dédicace pour Japan expo qui comporte… un personnage en larmes ! Serait-ce un clin d’oeil ? ^_~
Voilà au plus court ce qui m’aura marqué. Evidemment je n’ai pas tout vu, j’ai loupé plein de coupains, et surtout j’ai beaucoup aimé cette chibi version sud, alors vivement Japan expo 11ème impact à Villepinte, avec Tsukasa Hojo à l’honneur qui plus est !!
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